L’Ouganda s’appuie sur Citibank pour boucler un projet de corridor ferroviaire de 2,7 milliards d’euros

L’Ouganda accélère la relance de son ambitieux projet de chemin de fer à écartement standard (SGR). Le gouvernement a annoncé avoir mandaté Citibank pour structurer et mobiliser les financements nécessaires à la construction de cette infrastructure clé, estimée à 2,7 milliards d’euros.
L’annonce a été faite le 16 avril par Ramathan Ggoobi, en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, à Washington D.C. Citibank agira en tant qu’arrangeur principal et coordinateur du financement du projet. Le futur corridor ferroviaire doit relier Kampala à Malaba, facilitant ainsi l’accès du pays enclavé au réseau ferroviaire kényan et au port stratégique de Mombasa. Les autorités ougandaises misent sur cette infrastructure pour réduire les coûts logistiques, fluidifier le transport de marchandises et renforcer la compétitivité commerciale. Des discussions sont également en cours avec la Banque mondiale afin de soutenir le financement de ce projet structurant.
Le projet SGR a connu plusieurs revers au cours de la dernière décennie. Initialement attribué en 2015 à China Harbour Engineering Company, le contrat était conditionné à la mobilisation de financements auprès du gouvernement chinois. Face à l’absence de progrès significatifs, les autorités ougandaises ont finalement annulé cet accord en janvier 2023. Un nouveau cap a été franchi en octobre 2024 avec la signature d’un contrat avec Yapi Merkezi, désormais en charge de la construction de la ligne.
Le projet ougandais s’inscrit dans une dynamique régionale plus large, portée par le Kenya. Depuis 2019, la ligne SGR relie déjà Mombasa à Nairobi, avant d’être prolongée jusqu’à Naivasha. Une nouvelle phase, lancée récemment sous l’impulsion du président William Ruto, doit relier Naivasha à Kisumu, puis à la frontière ougandaise. À terme, cette infrastructure pourrait s’étendre vers d’autres pays enclavés comme le Rwanda, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo, avec l’ambition de créer un vaste réseau ferroviaire régional.
Au-delà du chantier, le SGR apparaît comme un levier stratégique d’intégration économique. En facilitant les échanges commerciaux entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique centrale, il pourrait transformer durablement les chaînes logistiques régionales et stimuler la croissance.
La mobilisation des financements reste toutefois un enjeu déterminant pour concrétiser cette ambition, dans un contexte où les grands projets d’infrastructures exigent des montages financiers solides et diversifiés.