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Marchés internationaux : La RDC réussit son entrée avec une émission d’eurobonds sursouscrite

Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

Selon un rapport publié le 15 avril 2026 par S&P Global Ratings, la République démocratique du Congo (RDC) a réussi une première émission d’euro-obligations d’un montant total de 1,25 milliard de dollars, dépassant largement l’objectif initial fixé à 750 millions de dollars.

Par Bacary DABO

Cette opération marque un tournant stratégique pour l’économie congolaise, en lui ouvrant l’accès aux financements commerciaux internationaux, jusque-là largement dominés par des prêts concessionnels. Selon l’agence de notation, l’émission s’est structurée en deux tranches : 600 millions de dollars à échéance 2032, avec un rendement de 8,75 %, et 650 millions de dollars à échéance 2037, avec un rendement de 9,50 %.

Malgré un contexte financier international jugé difficile, la demande des investisseurs a été particulièrement forte, avec un carnet d’ordres dépassant les 5 milliards de dollars. D’après S&P, cette sursouscription témoigne d’un regain de confiance dans les perspectives économiques du pays.

Un coût de financement en hausse

Si cette levée de fonds constitue une avancée notable, elle s’accompagne toutefois d’un coût significativement plus élevé. Avant cette opération, le coût moyen de la dette extérieure de la RDC était estimé à environ 2 %, essentiellement grâce à des financements concessionnels. L’introduction de cette dette commerciale renchérit donc le service de la dette, ce qui renforce la nécessité, pour les autorités, d’accélérer les réformes fiscales, notamment en matière de mobilisation des recettes.

La dynamique économique de la RDC reste toutefois bien orientée. S&P Global Ratings anticipe une croissance moyenne du PIB réel de 5,3 % sur la période 2026-2028, portée par la forte demande mondiale en cuivre et en cobalt, deux ressources clés du pays.

Le secteur minier, largement dépendant des besoins liés à la transition énergétique et à l’électrification, continue d’attirer des investissements importants. Cette tendance devrait contribuer à améliorer la balance courante et à renforcer les réserves en devises. La résilience de l’économie congolaise s’est déjà manifestée récemment, avec des taux de croissance élevés de 9,2 % en 2022 et 8,5 % en 2023, malgré les chocs liés aux prix du pétrole.

Des réformes structurelles en cours

Sur le plan budgétaire, les autorités poursuivent leurs efforts de diversification des recettes publiques. Parmi les mesures engagées, lit-on dans la note de S&P, figurent la mise en place d’un système standardisé de facturation de la TVA, ainsi que la réduction progressive des subventions aux carburants et des exonérations fiscales.

Par ailleurs, l’introduction d’un compte de réserve pour le service de la dette, géré par la banque centrale, constitue un mécanisme de sécurisation destiné à rassurer les investisseurs.

Avec environ 40 % des recettes publiques provenant du secteur minier, fortement dépendant des cours internationaux, poursuit la même source, la soutenabilité de la dette reste étroitement liée à l’évolution des prix des matières premières. Néanmoins, la progression des réserves en devises et la solidité des perspectives d’exportation permettent, à ce stade, de considérer la capacité du pays à honorer ses engagements en devises comme adéquate.