Dette des pays africains : Afrodad rappelle le rôle essentiel des médias face à l’impact sur les populations
✍️Par Boubacar GASSAMA

La 5e édition de l’Initiative Médias Afrodad (AfroMedi V) s’est ouverte le mardi 25 mars 2025 à Sandton, Johannesburg. Regroupant une soixantaine de journalistes et d’acteurs de la société civile africaine, ces assises de trois jours visent à réfléchir sur la gestion de la dette africaine et la justice financière.
Jason Rosario Braganza, Directeur exécutif du Forum et Réseau Africain sur la Dette et le Développement (Afrodad), souligne que cette 5e édition intervient à un moment où la crise qui secoue l’ordre mondial a un impact direct sur l’Afrique. Selon lui, plus de la moitié des pays du continent sont confrontés à une situation de détresse due à la dette ou à un risque élevé d’endettement. Il rappelle que quatre pays ont déjà fait défaut sur leur dette : la Zambie, le Tchad, l’Éthiopie et, plus récemment, le Ghana.
« Près de la moitié des pays du continent paie plus en remboursements d’intérêts sur le service de la dette que sur les investissements dans des services publics tels que l’éducation, la santé, l’eau et l’assainissement », s’est-il désolé.
Pour Jason Rosario Braganza, la responsabilité des médias ne peut être sous-estimée ni écartée dans le contexte actuel marqué par une désorientation économique. Selon lui, la production de contenus médiatiques sur les ressources nécessaires au service de la dette peut contribuer à adresser cette problématique.
Il dénonce également le fait que l’inaccessibilité des informations et des statistiques sur la dette compromet la capacité du public à interagir et à jouer son rôle dans la reddition des comptes du gouvernement.
Alors que ce conclave médiatique se tient en Afrique du Sud, il estime que la situation de la dette nuit à la souveraineté du continent et freine son émancipation d’un ordre mondial néolibéral centré sur le profit privé, laissant les populations africaines dans un état perpétuel de pauvreté, d’inégalité et d’endettement.
Face aux nombreux défis liés à la dette africaine, Jason Rosario Braganza affirme qu’Afrodad reste engagé à soutenir et renforcer les capacités des médias sous toutes leurs formes. L’objectif est de leur permettre d’améliorer leurs recherches et d’apporter une analyse plus approfondie et humaine des questions liées à la dette publique et au financement du développement.
Il appelle les médias à jouer un rôle clé pour que l’Afrique devienne un acteur influent dans la gouvernance économique mondiale.
Selon lui, il est de la responsabilité des médias de dénoncer la faiblesse du processus de restructuration de la dette fourni par le G20 et de plaider pour que les Nations Unies deviennent l’espace garantissant plus de démocratie dans la gouvernance économique mondiale.