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Conflit entre Barrick Gold et le Mali : Tout est bien qui finit bien

Par Moussa DIARRA

Après près de deux ans de tension, Barrick Gold et le gouvernement malien ont conclu un accord mettant fin à leur différend sur l’exploitation du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto. En vertu de cet accord, le groupe minier canadien s’est engagé à verser 275 milliards de FCFA (environ 438 millions de dollars) au gouvernement malien. En contrepartie, ses employés détenus ont été libérés, l’or saisi par les autorités maliennes sera restitué et les activités minières pourront reprendre.

Le conflit entre l’État malien et Barrick Gold trouve son origine dans la révision du Code minier malien, qui accorde à l’État une part plus importante des bénéfices générés par l’exploitation des ressources naturelles. Cette réforme législative a engendré des négociations complexes et des frictions entre Bamako et les grandes compagnies minières opérant sur son territoire. Dans ce cadre, l’État malien a exigé de Barrick Gold près de 500 millions de dollars américains (314 milliards de FCFA) pour non-paiement d’impôts. De plus, le Trésor public malien réclamait 199 millions de dollars à la société canadienne en échange de la restitution des trois tonnes d’or confisquées sur le site de Loulo-Gounkoto. En réponse, Barrick Gold a annoncé, dans un communiqué publié sur son site, la suspension de ses opérations au Mali.

Un enjeu stratégique pour Barrick Gold

Cet accord constitue une étape clé pour Barrick Gold, qui pourra relancer ses activités à Loulo-Gounkoto, l’un des sites miniers les plus importants de la région. Ce règlement intervient alors que les prix de l’or atteignent des niveaux records, offrant des perspectives de rentabilité accrues pour l’entreprise canadienne. Cependant, la situation a également eu des répercussions sur Barrick Gold. Son offre de négociation a coïncidé avec une baisse du cours de ses actions en bourse. Selon l’Agence Reuters, elles ont clôturé à 23 dollars canadiens, en baisse de 0,2 % à la Bourse de Toronto, lundi 27 janvier dernier. Pire encore, d’après les analystes de la banque d’investissement américaine Jefferies, la suspension de la production à Loulo-Gounkoto pourrait réduire le bénéfice de Barrick de 11 % en 2025. Ce dénouement illustre l’importance des négociations entre les États et les multinationales pour assurer un partage équitable des ressources naturelles tout en garantissant un climat propice aux investissements étrangers.

Accord après de rudes négociations

Le PDG de Barrick Gold, Mark Bristow, s’est montré disposé à engager des pourparlers après avoir tenté, sans succès, de faire annuler la décision malienne devant les instances internationales d’arbitrage. Finalement, les discussions ont abouti à un compromis, confirmant la reconnaissance par Barrick du nouveau Code minier adopté par le Conseil national de la Transition (CNT), qui accorde désormais 30 % de parts à l’État malien dans tous les contrats miniers. Le gouvernement malien prévoit également de supprimer toutes les exonérations fiscales et douanières précédemment accordées aux sociétés minières avant d’ouvrir une nouvelle phase de négociations. Face à l’impasse, Barrick Gold et le gouvernement malien ont été contraints de trouver un terrain d’entente. Une source officielle a d’ailleurs confirmé que « les deux parties ont repris un nouveau cycle de pourparlers le mardi 28 janvier, pour mettre fin à la suspension des activités d’exploitation de la mine d’or de Loulo-Gounkoto. » Le cycle de négociations a donc débouché sur une solution censée mettre fin au bras de fer entre l’État malien et Barrick Gold.