Cameroun : Les recettes d’exportation de GNL poursuivent leur chute en 2025
Les recettes d’exportation du gaz naturel liquéfié (GNL) du Cameroun ont continué de reculer en 2025, s’établissant à 350,2 milliards de FCFA, selon le dernier rapport sur le commerce extérieur publié par l’Institut national de la statistique (INS). Cette baisse de 8,1% par rapport à 2024 marque le niveau le plus faible depuis 2022, dans un contexte de recul continu des revenus gaziers sur quatre ans.
Par Kevin da SILVA

Après un pic historique de 622 milliards de FCFA en 2022, les recettes issues du GNL ont diminué à 421 milliards en 2023, puis à 381 milliards en 2024, avant de chuter à 350,2 milliards en 2025. Le GNL représente désormais 11,4% des recettes totales d’exportation du pays, soulignant son poids stratégique dans le portefeuille exportateur camerounais. Ces revenus proviennent essentiellement de l’unité flottante de liquéfaction installée au large de Kribi, dans la région du Sud. Mise en service en mars 2018 dans le cadre d’un partenariat réunissant Perenco, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et Golar LNG, l’installation baptisée Hilli Episeyo a permis au Cameroun d’accéder au marché mondial du GNL. Dès son lancement, la plateforme a produit 1,2 million de tonnes, avant d’augmenter sa capacité à 1,4 million de tonnes.
Au-delà du GNL, les recettes d’exportation globales du Cameroun ont également reculé en 2025, pour s’établir à 3 084 milliards de FCFA, soit une baisse de 5,2% après une progression de 8,8% en 2024. Selon l’INS, ce repli s’explique principalement par la contraction des revenus pétroliers et gaziers : les huiles brutes de pétrole ont chuté de 29,6% et le GNL de 8,1%. Cette contre-performance a cependant été partiellement compensée par les filières agricoles. Les exportations de cacao brut en fèves ont progressé de 18,7% sur un an, confirmant l’importance croissante des produits agricoles dans la diversification et la résilience des recettes d’exportation camerounaises.
La baisse prolongée des revenus gaziers met en évidence la vulnérabilité du Cameroun face aux fluctuations des marchés énergétiques mondiaux. Elle souligne également l’importance stratégique de diversifier les sources de devises et de renforcer les filières agricoles et minières. Le maintien et l’extension des capacités de production du GNL, ainsi que le développement des exportations agricoles à forte valeur ajoutée, constituent des leviers essentiels pour soutenir la balance commerciale et améliorer la stabilité macroéconomique du pays.