FMI : le Bénin bénéficie d’un nouveau décaissement de 118 millions de dollars

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a validé, le 25 février 2026, la septième revue des programmes du Bénin au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) et de la facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que la quatrième et dernière revue de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Dans son communiqué, l’institution indique que cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat d’environ 118 millions de dollars, confirmant la confiance renouvelée de l’institution de Bretton Woods dans la trajectoire économique du pays.
Par Bacary DABO
Le FMI, qui vient d’approuver ce nouveau décaissement en faveur du Bénin, met en avant les « solides résultats budgétaires » enregistrés par le pays, ayant permis de ramener le déficit public à 3,1 % du PIB en 2024. La loi de finances 2026 vise désormais à maintenir ce déficit sous le seuil communautaire de 3 % fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), traduisant une volonté d’ancrage durable dans la discipline budgétaire régionale.
Le Fonds estime que la mobilisation soutenue des recettes intérieures, combinée à la rationalisation des dépenses, a permis de préserver les dépenses sociales prioritaires, dans un contexte marqué par des pressions extérieures et régionales.
Portée par les réformes structurelles engagées ces cinq dernières années, précise le communiqué, la croissance béninoise est projetée à 7,5 % en 2025, dans le prolongement de la performance enregistrée en 2024. Le déficit courant, qui s’était creusé en raison d’importantes importations de services liées notamment à la montée en puissance de la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), amorce un redressement progressif, se réjouit le Fonds, avant d’ajouter que la montée en régime des exportations issues des zones économiques spéciales devrait renforcer cette dynamique.
Par ailleurs, l’institution appelle à maintenir une vigilance accrue en matière de dette publique. Dans son communiqué, le FMI indique que la dette de l’administration centrale du Bénin a été révisée à 60,5 % du PIB à fin 2024, à la suite d’un reclassement statistique de certains prêts extérieurs.
Malgré cette révision, le FMI maintient la qualification de risque modéré de surendettement, en raison d’une capacité d’endettement jugée renforcée. L’institution recommande toutefois une gestion proactive de la dette, un rééquilibrage progressif en faveur de la dette intérieure et une surveillance accrue des entreprises publiques.
Réformes climatiques et résilience
Au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité, le Fonds est revenu sur les réformes majeures entreprises par les autorités. Il s’agit notamment de l’adoption d’une réglementation de gestion des finances publiques intégrant les enjeux climatiques et de la réforme des tarifs de l’eau. À cela s’ajoutent le déploiement d’un dispositif d’assurance agricole et le renforcement des mécanismes de protection sociale.
Selon le FMI, ces mesures visent à consolider la stabilité macroéconomique de long terme et à mobiliser davantage de financements climatiques, notamment auprès du secteur privé.
Un signal fort aux marchés
Pour le FMI, la mise en œuvre rigoureuse des programmes a produit des « dividendes tangibles », parmi lesquels une croissance plus robuste, un accès amélioré aux marchés internationaux et un soutien continu des partenaires techniques et financiers.
« Dans un environnement régional marqué par des incertitudes sécuritaires et financières, la trajectoire béninoise apparaît comme un cas d’école de stabilisation macroéconomique sous-programme », dira le fonds.
Pour l’institution de Bretton Woods, le défi pour Cotonou consiste désormais à consolider ces acquis, approfondir les réformes inclusives et maintenir la confiance des investisseurs, tout en préservant la soutenabilité de la dette et l’équilibre des comptes extérieurs.