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Nouvelle architecture financière africaine : La BCEAO défend une finance africaine intégrée

Nouvelle architecture financière africaine : La BCEAO défend une finance africaine intégrée

La réflexion autour de la mise en place d’une Nouvelle architecture financière africaine (NAFA) franchit un nouveau cap. Réunis à Abidjan le 17 février 2026, à l’initiative de la Banque africaine de développement (BAD), des gouverneurs de banques centrales du continent ont débattu des leviers nécessaires pour bâtir un système financier africain plus intégré, plus coordonné et plus résilient.

Par Bacary DABO

Le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a pris part à cette séance de travail de haut niveau consacrée à la NAFA, articulée autour du thème : « Construire une architecture financière africaine plus solide et plus intégrée ». Au cœur des échanges, les services de la Banque centrale ont mis en avant un constat partagé, à savoir que « l’Afrique souffre d’un déficit structurel de financement, alors même qu’elle dispose de ressources endogènes importantes ». Ce paradoxe s’explique notamment par une coordination insuffisante entre les institutions financières africaines, qui limite la mobilisation optimale de l’épargne locale et des capitaux régionaux.

L’initiative de la NAFA vise précisément à combler cette lacune en mettant en place une plateforme panafricaine de coordination financière. L’objectif est de renforcer les synergies opérationnelles entre banques centrales, d’harmoniser les normes techniques et réglementaires et d’améliorer l’efficience globale des systèmes financiers du continent.

Vers une meilleure coordination des banques centrales

L’institut d’émission indique que les gouverneurs présents ont salué la démarche portée par la Banque africaine de développement, estimant qu’une meilleure complémentarité entre autorités monétaires est indispensable pour faire face aux chocs externes, renforcer la stabilité macroéconomique et soutenir le financement du développement.

Les discussions ont également mis en avant la nécessité de consolider la coopération institutionnelle entre banques centrales africaines. Au-delà des échanges techniques, précise la note d’information de la BCEAO, l’enjeu est aussi politique. Il s’agit de parler d’une voix plus cohérente dans les instances financières internationales afin de défendre les intérêts du continent dans les débats sur la dette, la régulation financière ou encore la réforme du système monétaire international.

Dans leurs interventions, les gouverneurs ont insisté sur les conditions de succès de la NAFA. Celles-ci reposent notamment sur le respect du mandat fondamental des banques centrales, qui est de garantir la stabilité monétaire et financière.

Cela implique un renforcement de la supervision bancaire, la modernisation et l’interconnexion des systèmes de paiement, le développement et la structuration des marchés financiers locaux, ainsi qu’un partage accru de l’information entre institutions.

Pour la BCEAO, engagée depuis plusieurs années dans la modernisation des infrastructures de paiement et l’approfondissement du marché financier régional de l’UEMOA, cette dynamique continentale constitue une opportunité stratégique. Elle pourrait favoriser une meilleure mobilisation de l’épargne africaine au service de l’investissement productif.

À travers la NAFA, l’Afrique ambitionne ainsi de passer d’une juxtaposition de systèmes financiers nationaux à une architecture véritablement intégrée, capable de soutenir durablement la transformation économique du continent.