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Le Gabon rapatrie 270 millions de dollars pour consolider les réserves de la BEAC

Ville de libreville, capitale du Gabon

Dans une démarche de rigueur financière, le gouvernement gabonais a pris, ce mercredi 21 janvier 2026, une décision majeure concernant les fonds destinés à la restauration des sites d’exploitation. Il a en effet ordonné le rapatriement intégral des sommes détenues à cet effet par la Gabon Oil Company (GOC) et ses filiales. Cette mesure s’inscrit dans la stricte application du règlement communautaire de la CEMAC relatif à la réglementation des changes dans le secteur extractif, adopté fin décembre 2021.

Par Dorcas Davier AHOUANGAN

Le montant en jeu est conséquent : 150,6 milliards de francs CFA, soit l’équivalent de 270 millions de dollars américains. Les autorités exigent que ces fonds soient transférés sans délai vers des comptes libellés en dollars ouverts dans la zone CEMAC. L’objectif principal de cette opération est de renforcer immédiatement les réserves en devises étrangères de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), institution clé de la stabilité monétaire régionale.

Le fondement juridique de cette décision repose sur les articles 1 à 5 du règlement CEMAC/UMAC, qui encadrent spécifiquement les mouvements de capitaux des entreprises extractives locales. Le rapatriement de cette manne financière constitue ainsi une injection significative pour les réserves de change régionales, dans un contexte où la surveillance des équilibres macroéconomiques s’avère plus que jamais déterminante.

Il convient de souligner que les autres compagnies internationales opérant dans le secteur extractif au Gabon ont déjà constitué leurs propres fonds de restauration en devises. Conformément aux accords conclus avec la BEAC, elles pourront également procéder au rapatriement de ces montants en dollars au bénéfice de la zone CEMAC, sans que cela ne remette en cause leurs engagements contractuels en cours.

À travers cette initiative, le Gabon affiche clairement sa volonté de contribuer activement à la discipline macroéconomique collective. En consolidant les réserves extérieures de la BEAC, cette décision vise à soutenir directement la stabilité financière, tant à l’échelle nationale que dans l’ensemble de la région de l’Afrique centrale.