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Exportations d’armes en Afrique : Voici les cinq pays africains les plus gros clients de la France

Par Ronie Floride AGAMMA

Alors que la présence française est de plus en plus remise en question en Afrique, les relations commerciales entre la France et plusieurs pays africains restent significatives, notamment dans le domaine de l’armement. Le rapport annuel du ministère des Armées, présenté aux parlementaires, met en évidence l’importance des exportations d’armes françaises sur le continent.

D’après le rapport présenté à l’Assemblée nationale française, qui couvre la période de 2014 à 2023, il ressort que l’Égypte est de loin le principal client africain de la France en matière d’armement. Sur la période 2014-2023, elle a conclu des contrats pour un montant total de 12,229 milliards d’euros, un chiffre qui reflète l’étendue et la diversité des équipements livrés. Parmi les acquisitions notables figurent des missiles Aster, qui équipent les frégates FREMM également achetées auprès de la France, ainsi que d’autres systèmes avancés de défense aérienne et navale.

Ce partenariat s’est renforcé depuis 2015 avec la livraison de 24 avions de chasse Rafale, qui ont fait de l’Égypte le premier client sur le continent de cet appareil. En complément, Le Caire a également acquis des hélicoptères de combat, des corvettes Gowind et des systèmes de surveillance sophistiqués.

Deuxième plus gros importateur africain d’armes françaises, le Maroc a acquis pour 900 millions d’euros de matériel militaire. Contrairement à l’Égypte, dont les achats sont majoritairement orientés vers la marine et l’aviation, Rabat a misé sur une modernisation complète de ses forces terrestres et aériennes.

Les achats marocains incluent des revolvers et pistolets à chargement automatique pour les forces de sécurité, des fusils et carabines de précision destinés aux unités d’infanterie, des missiles et leurs lanceurs, ainsi que des torpilles lourdes, éléments essentiels pour la dissuasion et la défense côtière. Rabat a également acquis des véhicules blindés multi-rôles et tactiques, améliorant la mobilité des forces terrestres, ainsi que des navires de guerre, qui viennent compléter un arsenal naval en expansion.

Avec 531,9 millions d’euros de contrats sur la période 2014-2023, l’Algérie arrive en troisième position des clients africains de la France. Généralement tournée vers la Russie, son principal fournisseur, pour ses équipements militaires, Alger est allé voir, de temps à autre, du côté de Paris, pour des achats ciblés. Les importations algériennes se sont concentrées sur des munitions de 40 mm pour divers systèmes d’armement, des drones (UAV), des aéronefs, des moteurs d’aéronefs et des composants spécialisés pour l’aviation militaire, des équipements de détection et de protection contre les menaces NRBC (nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques), des substances radioactives et des agents antiémeutes, montrant une diversification des besoins de sécurité intérieure.

L’Angola, quatrième du classement, a signé pour 470,8 millions d’euros d’achats militaires, principalement axés sur des armes lourdes et des véhicules militaires. Au nombre des acquisitions angolaises, il y a des bombes, des torpilles, des roquettes et des missiles, ainsi que des véhicules terrestres blindés et d’autres équipements associés.

Le Sénégal, cinquième plus grand client de la France en Afrique avec 345,4 millions d’euros d’achats, se distingue par une forte orientation maritime. Parmi les principales acquisitions figurent des revolvers et pistolets automatiques, des fusils et carabines, ainsi que des mitrailleuses lourdes, des navires de guerre et des systèmes d’artillerie de gros calibre, deux patrouilleurs OPV 58 S construits par Piriou, des corvettes, intercepteurs et patrouilleurs trimarans, des bâtiments de débarquement et d’autres équipements maritimes spécialisés.

Une présence élargie en Afrique

Au-delà de ces cinq gros clients de la France, d’autres nations africaines se tournent également vers l’hexagone pour s’équiper en matériels militaires. Il s’agit principalement du Botswana (325,9 M€), du Nigeria (199,9 M€) et de la Tanzanie (190 M€) qui ont investi, entre autres, dans des patrouilleurs, des systèmes d’artillerie et des équipements aériens. Le Niger (42,3 M€) et le Mali (22,5 M€), malgré des relations tendues avec la France, ont reçu des armes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. La Côte d’Ivoire (107,2 M€) et l’Afrique du Sud (58,2 M€) ont opté pour des équipements variés, incluant des UAV et du matériel spatial. Le rapport met également en lumière l’existence de contrats plus modestes mais significatifs avec des pays comme le Bénin, le Ghana, la Somalie et Madagascar, illustrant la diversité des clients africains de l’industrie de défense française.