Le miroir du développement de l'Afrique !

Chute de la croissance mondiale : le FMI sonne l’alarme face aux tensions commerciales

Par Kevin da SILVA

Fonds monétaire international (FMI)

Le Fonds monétaire international (FMI) tire la sonnette d’alarme : la croissance mondiale pourrait tomber à 2,8 % en 2025, une révision à la baisse de 0,5 point par rapport à ses prévisions de janvier. Et pour cause ! L’escalade des droits de douane américains et les représailles commerciales, qui menacent de « réinitialiser » un système économique mondial stable depuis 80 ans, selon Pierre-Olivier Gourinchas, chef-économiste du FMI. Un scénario qui place la planète au bord d’un précipice économique.

Le FMI a radicalement revu ses attentes pour 2025, passant d’une croissance mondiale de 3,3 % à 2,8 %. Cette correction, la plus marquée depuis la crise de 2008, reflète l’impact immédiat des taxes douanières imposées par l’administration Trump et des ripostes de ses partenaires commerciaux. L’institution a même abandonné son terme habituel « référence de base » au profit d’une « prévision de référence », soulignant l’incertitude sans précédent qui plane sur les marchés.

Un frein majeur à l’économie mondiale

Les droits de douane américains, culminant à 145 % sur certains produits chinois, ont déclenché un effet domino. Les mesures de rétorsion – notamment de la Chine, de l’UE et du Canada – pourraient coûter 0,4 point de croissance aux États-Unis cette année. Résultat : le commerce mondial, moteur historique de la prospérité, devrait ralentir à 1,7 % en 2024, contre 3,2 % anticipés il y a trois mois.

Les zones économiques en première ligne : l’Amérique du Nord, avec les États-Unis qui verront leur croissance chuter à 1,8 % (-0,9 point), et le Mexique entrant même en récession (-0,3 %). La Chine, avec 4 % de croissance (son plus bas depuis 1990), paie le prix fort des surtaxes. Quant au Japon, l’archipel stagne à 0,6 %, plombé par ses exportations vers les États-Unis.

Un risque de récession

Si le FMI écarte encore une récession mondiale en 2024, les risques ont doublé depuis janvier. Les États-Unis, dont la résilience était saluée, pourraient basculer en cas de nouvelles tensions. « L’incertitude est un poison. Si elle persiste, elle étouffera l’investissement et l’innovation », alerte l’économiste en chef.

La mise en garde du FMI est claire : sans désescalade des tensions commerciales, le monde s’expose à une décennie perdue. Les décideurs politiques doivent urgemment privilégier le dialogue aux représailles, sous peine de voir s’effriter les fondations de la mondialisation. Comme le rappelle Gourinchas : « Nous ne pourrons pas revenir en arrière. La question est de savoir quel système émergera de ces cendres. »

L’heure n’est plus aux guerres économiques, mais à la coopération. La balle est dans le camp des gouvernements.