UMOA : Trois banques sanctionnées pour manquements réglementaires, plus de 751 millions FCFA d’amendes

Le Collège de supervision de la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a frappé fort. Réuni en sa 151ᵉ session les 16 et 17 décembre 2025, le régulateur communautaire a prononcé des sanctions disciplinaires et pécuniaires à l’encontre de trois établissements de crédit implantés respectivement en Côte d’Ivoire, au Niger et au Togo.
Par Bacary DABO
Le ton est ferme. Réunie les 16 et 17 décembre 2025 pour sa 151ᵉ session, la Commission bancaire de l’UMOA a décidé de sanctionner, sans les nommer, trois banques implantées en Côte d’Ivoire, au Niger et au Togo. Au total, 751 millions de FCFA d’amendes ont été infligés, assortis de blâmes disciplinaires. Derrière ce montant, le message est clair : la rigueur réglementaire n’est plus négociable.
En Côte d’Ivoire, une banque s’est vu notifier un blâme et une amende de 151 millions de FCFA à la suite d’insuffisances relevées dans son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Autrement dit, les mécanismes de contrôle ont été jugés insuffisamment robustes dans un contexte où les exigences internationales se durcissent. Pour le régulateur, ces manquements relèvent de la troisième catégorie d’infractions prévue par la réglementation communautaire.
Au Niger, la sanction est plus lourde : 300 millions de FCFA d’amende, également assortis d’un blâme. Les autorités de supervision ont relevé des faiblesses non seulement dans le dispositif de lutte contre le blanchiment, mais aussi dans la gouvernance et la gestion des risques. Des insuffisances jugées particulièrement sensibles, car elles touchent au cœur du pilotage stratégique d’un établissement bancaire.
Même constat au Togo, où une banque a été sanctionnée à hauteur de 300 millions de FCFA. Les griefs portent sur la gouvernance, la gestion des risques et le respect des obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Plus qu’une sanction, un avertissement
Ces décisions de la Commission bancaire interviennent dans un contexte où les systèmes financiers africains sont étroitement scrutés par les partenaires internationaux et les agences de notation. La crédibilité du secteur bancaire repose désormais autant sur sa solidité financière que sur sa capacité à maîtriser les risques de conformité.
Pour les banques de l’UMOA, investir dans la gouvernance, renforcer les fonctions de conformité et moderniser les dispositifs de contrôle interne ne relève plus du simple respect formel des textes. Ces exigences constituent désormais une condition de résilience, voire de survie, dans un environnement financier de plus en plus contraignant.