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Sénégal : le FMI constate une dette de l’administration centrale équivalente à 118,8 % du PIB

Fonds monétaire international (FMI)

À fin 2024, la dette de l’administration centrale sénégalaise s’est établie à 118,8 % du PIB, selon des statistiques révisées. L’information a été notifiée par le Fonds monétaire international (FMI) dans le communiqué sanctionnant sa mission au Sénégal, tenue du 19 au 26 août 2025, consacrée à la discussion de mesures correctrices à la suite du rapport de la Cour des comptes publié le 12 février 2025.

Par Bacary DABO

La mission a échangé avec les autorités sénégalaises sur les actions à engager pour corriger les déclarations erronées avant l’examen du dossier par le Conseil d’administration du FMI. Elle a passé en revue la situation de la dette et discuté des contours d’un éventuel nouveau programme soutenu par l’institution.

Au terme de la visite, M. Gemayel a indiqué qu’« à l’issue de l’exercice de réconciliation mené par le cabinet d’audit international Forvis Mazars, les autorités ont révisé le stock de dette de l’administration centrale, qui passe de 74,4 % à 111,0 % du PIB à fin 2023 ». Cette révision haussière résulte principalement de passifs jusque-là non déclarés. À fin 2024, la dette a ainsi été portée à 118,8 % du PIB.

Malgré ces déséquilibres budgétaires, le FMI relève la résilience de l’économie sénégalaise, avec une croissance de 12,1 % en glissement annuel au premier trimestre 2025, tirée par le démarrage de la production d’hydrocarbures sur les champs de Sangomar et GTA. Toutefois, la croissance hors hydrocarbures reste modeste, à 3,1 %, freinée par les difficultés persistantes du secteur de la construction, affecté par les arriérés de paiement, et par des contraintes structurelles dans l’industrie chimique. L’inflation, pour sa part, demeure contenue à 0,7 % en glissement annuel en juillet 2025.

Les services du FMI indiquent avoir discuté avec les autorités d’un ensemble de mesures correctrices destinées à traiter les causes profondes des déclarations erronées. Ces mesures incluent la centralisation de la gestion de la dette, le renforcement du rôle du Comité national de la dette publique, ainsi que l’achèvement de l’audit exhaustif des arriérés de paiement lancé par l’Inspection générale des finances le 21 juillet 2025. Elles portent également sur la mise en place d’une base de données centralisée de la dette, le renforcement des contrôles d’engagement budgétaire et la consolidation progressive des comptes bancaires dans le cadre du Compte unique du Trésor. Les discussions se poursuivront dans les prochaines semaines avant que le cas des déclarations erronées ne soit soumis au Conseil d’administration du FMI.

Vers un nouveau programme aligné sur la stratégie Sénégal 2050

Avec ce début de normalisation des relations avec l’institution de Bretton Woods, les autorités sénégalaises ont exprimé leur volonté de solliciter un nouveau programme appuyé par le FMI. Celui-ci serait conçu en cohérence avec la stratégie nationale de développement, Vision Sénégal 2050, et le Plan de redressement économique et social 2025-2028, tout en tirant les enseignements des conclusions de la Cour des comptes.

Dans ce cadre, la mission a pris note des quatre piliers stratégiques que les autorités souhaitent mettre en avant le renforcement de la gestion des finances publiques et de la transparence budgétaire ; le soutien à la relance des secteurs stratégiques pour favoriser une croissance inclusive ; le développement du capital humain et la promotion de l’équité sociale, et le renforcement de la résilience face aux chocs climatiques et aux catastrophes naturelles.

Ces priorités visent à consolider la stabilité macroéconomique, améliorer les équilibres budgétaires, mieux maîtriser l’endettement et promouvoir une croissance durable et résiliente.

« L’équipe des services du FMI remercie les autorités sénégalaises pour leur chaleureuse hospitalité, la franchise des échanges et leur excellente coopération tout au long de la mission », conclut le communiqué.