Sénégal : La propriété intellectuelle au cœur de la compétitivité des entreprises

La Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (CCIAD) a tenu, le vendredi 3 avril 2026, un atelier de sensibilisation à la propriété intellectuelle. Cette rencontre a constitué une opportunité de mettre en lumière les enjeux et les outils liés à ce domaine. Les chefs d’entreprise ayant participé à cette session ont ainsi pu échanger et explorer les opportunités qu’offre cette discipline.
Par Bacary DABO
La propriété intellectuelle s’impose progressivement comme un levier stratégique pour le développement des entreprises sénégalaises. C’est le message central porté ce vendredi par le Dr Daouda Thiam, vice-président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar, à l’occasion d’une séance de sensibilisation dédiée à cette thématique.
Organisée dans un contexte marqué par la montée en puissance de l’économie du savoir, cette rencontre a réuni acteurs institutionnels, chefs d’entreprise et experts autour des enjeux liés à la protection des actifs immatériels.
Dans son allocution, le Dr Thiam a insisté sur la transformation profonde des modèles économiques, désormais largement fondés sur l’innovation, la créativité et la valorisation des idées. « La propriété intellectuelle constitue aujourd’hui un levier essentiel de compétitivité », a-t-il souligné, mettant en avant son rôle dans la sécurisation des innovations et l’amélioration du positionnement des entreprises sur les marchés.
Dans un environnement entrepreneurial en pleine effervescence à Dakar, la maîtrise des outils de protection (marques, brevets, dessins et modèles ou droits d’auteur)apparaît comme une condition indispensable pour éviter la captation illégitime de la valeur créée.
Cette initiative de la Chambre de commerce s’inscrit dans une dynamique de coopération internationale, illustrée par la participation de la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones et de l’Institut national de la propriété industrielle.
Le vice-président de la CCIAD a salué l’engagement de ces partenaires, notamment à travers l’appui technique et le partage d’expertise. La présence de François Kaiser, conseiller en propriété intellectuelle de l’INPI (Institut national de la propriété intellectuelle) de France, a permis d’apporter un éclairage concret sur les mécanismes de protection et leur mise en œuvre dans un contexte africain.
Sensibiliser pour mieux protéger et s’acheminer vers une économie de la valeur immatérielle
Au-delà des discours, cette séance a visé à combler un déficit d’information encore prégnant dans le tissu économique local. Pour de nombreuses PME, la propriété intellectuelle reste en effet un concept abstrait, souvent perçu comme complexe ou éloigné des préoccupations opérationnelles.
Or, selon les intervenants, ignorer ces mécanismes expose les entreprises à des risques significatifs, tels que la contrefaçon, la perte d’avantage concurrentiel ou l’absence de valorisation des innovations. À l’inverse, une stratégie bien maîtrisée peut favoriser l’accès à de nouveaux marchés, attirer des investisseurs et renforcer la crédibilité des entreprises.
À travers cette démarche, la Chambre de commerce de Dakar entend jouer pleinement son rôle d’accompagnement des entreprises dans leur montée en gamme. L’objectif est d’intégrer davantage la propriété intellectuelle dans les stratégies de développement des acteurs économiques.
Dans un contexte de compétition accrue, la capacité à protéger et valoriser le capital immatériel devient un facteur déterminant de croissance. Cette séance de sensibilisation marque ainsi une étape supplémentaire vers l’ancrage d’une véritable culture de la propriété intellectuelle au Sénégal.
Elle ouvre également la voie à de futures initiatives visant à renforcer les compétences locales et à faire de l’innovation un moteur durable de création de richesse.
Malgré cette opportunité que constitue la propriété intellectuelle pour la compétitivité des entreprises, M. Chimère Ndiaye, secrétaire général de la CCIAD, a attiré l’attention sur les coûts d’accès à ces dispositifs, jugés relativement élevés pour les petites et moyennes entreprises.