Raffinerie de Lobito : L’Angola vise 4 milliards d’euros auprès de la Chine

L’Angola accélère sur le dossier stratégique de la raffinerie de Lobito. La compagnie nationale Sonangol cherche à mobiliser environ 4 milliards d’euros (4,8 milliards de dollars) auprès d’institutions financières chinoises afin de financer la prochaine phase du projet. Une délégation angolaise est attendue à Pékin en avril pour engager les négociations, avec l’appui du constructeur China National Chemical Engineering (CNCE).
Par MLDIATTA
D’un coût global estimé entre 5,25 et 5,58 milliards d’euros, la raffinerie de Lobito doit devenir la plus grande installation de raffinage du pays, avec une capacité projetée de 200 000 barils par jour. Elle viendra s’ajouter aux 90 000 barils par jour déjà disponibles au niveau national, notamment grâce à la raffinerie de Cabinda. L’objectif est clair : réduire une dépendance aux importations de carburants, qui couvrent encore près de 80 % de la demande intérieure.
Au-delà de l’enjeu énergétique, le financement recherché marque un tournant stratégique. Contrairement aux anciens prêts adossés au pétrole, Luanda privilégie désormais des financements non garantis par des cargaisons futures de brut. Ce choix traduit une volonté de mieux maîtriser sa trajectoire budgétaire et de limiter l’exposition aux mécanismes de préfinancement pétrolier.
La réussite de cette levée de fonds serait symbolique : il s’agirait du premier prêt chinois d’envergure accordé à l’Angola depuis plusieurs années. Si le calendrier est respecté, une première phase de production est attendue en juillet 2027, avec un démarrage commercial progressif d’ici à la fin de la même année.