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Nigeria : Un plan d’investissement gazier de près de 51 milliards d’euros d’ici 2030

Lancement du plan d’investissement gazier au Nigéria

Le Nigeria a dévoilé un programme d’investissement de près de 51 milliards d’euros destiné à financer une soixantaine de projets dans le secteur pétro-gazier d’ici à 2030. Présenté le 30 janvier 2026, le Gas Master Plan 2026 de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) positionne le gaz naturel comme le moteur central de la sécurité énergétique, de l’industrialisation et des exportations du pays.

Par Dorcas Davier AHOUANGAN

Ce nouveau plan constitue une version actualisée et opérationnelle du Gas Master Plan initial de 2008. Il ambitionne  deporter la production de gaz à 10 milliards de pieds cubes par jour d’ici à 2027, puis à 12 milliards à l’horizon 2030, contre 7,59 milliards de pieds cubes par jour au premier semestre 2025. La stratégie s’appuie sur les réformes introduites par le Code pétrolier de 2021, ainsi que sur la Decade of Gas Initiative, qui place le gaz au cœur de la politique énergétique nationale.

Les projets sont structurés en deux ensembles : trente initiatives à court terme, portant sur la fourniture de gaz pour la production d’électricité, l’industrie et les ménages ; et trente projets à moyen terme, axés sur le développement des infrastructures et des capacités d’exportation. Ces derniers concernent notamment les pipelines, les installations de gaz naturel liquéfié (GNL), les usines d’engrais et les complexes industriels.

Le plan met l’accent sur la fiabilité de l’approvisionnement, l’optimisation des coûts et la flexibilité entre le marché domestique et les débouchés à l’export. Il fixe également des objectifs environnementaux, parmi lesquels la réduction du torchage et l’augmentation du taux de commercialisation du gaz à 75 % d’ici à 2027, puis à 80 % à l’horizon 2030.

Malgré ces ambitions, la mise en œuvre du programme se heurte à plusieurs défis. Figurent notamment la régulation des prix, près de 45 % du gaz destiné au marché local étant vendu à un tarif administré, ainsi que les contraintes financières pesant sur la NNPC. La réussite du plan dépendra de l’adoption de réformes tarifaires, du développement de modèles de pipelines ouverts à l’ensemble des acteurs et de la mobilisation de financements à grande échelle.

Dans la foulée de l’annonce, trois filiales du groupe Dangote, Dangote Refinery, Dangote Fertiliser et Dangote Cement, ont renforcé leurs contrats d’approvisionnement en gaz avec la NNPC. Ces accords visent à sécuriser les volumes nécessaires pour accompagner l’extension de leurs capacités et leur transition vers des sources d’énergie plus propres, sans toutefois préciser les volumes exacts ni les calendriers de livraison. Fin 2024, les deux parties avaient déjà signé un accord de dix ans portant sur la fourniture de 100 millions de pieds cubes de gaz par jour à la raffinerie Dangote, la plus grande du continent africain.