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Microfinance au Bénin : 38,4 milliards FCFA de crédits perdus au premier trimestre 2025

Au premier trimestre 2025, le Bénin a enregistré une chute marquée de ses crédits octroyés par les institutions de microfinance, contrastant ainsi avec la tendance observée au sein de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), où l’épargne continue de croître.

Par Kevin da SILVA

Le secteur béninois de la microfinance traverse un début d’année difficile. À la fin du premier trimestre 2025, l’encours des crédits octroyés par les Systèmes financiers décentralisés (SFD) a reculé de 38,4 milliards FCFA, soit une baisse de 14 %. Cette contraction, révélée dans le rapport de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), place le Bénin au rang des pays de l’UMOA ayant enregistré la plus forte baisse au cours de cette période. En comparaison, l’Union dans son ensemble a vu l’encours des crédits chuter de 2,4 %, atteignant ainsi 2 628,4 milliards FCFA.

Ce repli est également observé, mais dans une moindre mesure, au Togo, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Burkina Faso et au Niger. À l’inverse, le Sénégal et la Guinée-Bissau ont affiché des hausses de leurs crédits.

Des crédits à court terme majoritaires

Au 31 mars 2025, près de la moitié des crédits accordés par les SFD étaient à court terme (47,2 %), contre 33,8 % pour les prêts à moyen terme et 19 % pour ceux à long terme. Les hommes constituent la majorité des emprunteurs, représentant 51,7 % des crédits, tandis que les femmes en reçoivent 19,6 % et les groupements 28,7 %. Le montant moyen par client est de 133 322 FCFA, en recul de 5 % par rapport au trimestre précédent et de 2,2 % sur un an. L’encours global des crédits des SFD représente désormais 7,1 % des crédits totaux du système bancaire de l’UMOA, contre 7,3 % trois mois plus tôt.

Malgré cette baisse des crédits, le secteur de la microfinance au sein de l’UMOA a enregistré une progression notable de l’épargne collectée. L’encours des dépôts a augmenté de 102 milliards FCFA pour atteindre 2 560,9 milliards FCFA, soit une hausse trimestrielle de 4,1 % et une progression annuelle de 8,7 %. Cette dynamique positive touche presque tous les pays membres, avec des augmentations significatives au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Togo et au Bénin (+7,7 %), à l’exception du Niger, où un léger recul est observé. L’épargne est mobilisée à hauteur de 46,4 % par les hommes, 27,2 % par les femmes et 26,4 % par les groupements. Les dépôts à vue demeurent majoritaires, représentant 57,3 % de l’encours total, suivis des dépôts à terme (22,5 %) et des autres types de dépôts (20,2 %).