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Marché des titres publics de l’UEMOA : Un levier clé du financement des États

8ème édition des Rencontres du Marché des Titres publics à Lomé

Le Marché des titres publics (MTP) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s’impose désormais comme un instrument central du financement des États membres. C’est le principal message délivré par le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, à l’ouverture de la 8ᵉ édition des Rencontres du marché des titres publics (REMTP).

Par Bacary DABO

Le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a mis en exergue l’apport déterminant de l’agence UMOA-Titres dans le développement et le potentiel du marché des titres publics de l’UEMOA.

Créée en 2013 à l’initiative de la BCEAO, UMOA-Titres a profondément transformé l’architecture du financement public régional. En un peu plus d’une décennie, le poids des titres émis par adjudication dans le produit intérieur brut (PIB) de l’Union est passé de 5,6 % en 2014 à 14,6 % en 2025, illustrant la montée en puissance de ce marché comme source privilégiée de mobilisation des ressources publiques.

Jean-Claude Kassi Brou, qui évoque une liquidité en nette amélioration, a indiqué qu’au-delà du marché primaire, le marché secondaire affiche également des avancées significatives. Le taux de rotation annuelle de l’encours de la dette publique dépasse désormais 25 %, contre seulement 5 % en 2016, traduisant une liquidité accrue et une confiance renforcée des investisseurs.

Selon lui, cette dynamique repose sur plusieurs réformes structurantes, notamment la coordination des émissions souveraines par UMOA-Titres, l’amélioration de la transparence de l’information financière, ainsi que l’opérationnalisation, depuis 2016, des Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT), acteurs clés de l’animation du marché secondaire.

Inclusion financière et mobilisation de l’épargne régionale

Dans un contexte marqué par des besoins de financement croissants et un durcissement des conditions financières internationales, le gouverneur a insisté sur la nécessité d’élargir la base des investisseurs. L’inclusion financière apparaît, à cet égard, comme un levier majeur. Le taux d’inclusion financière dans l’Union est passé de 47 % en 2016 à 74,7 % en 2025, porté notamment par le développement de la monnaie électronique. Les autorités ambitionnent d’atteindre un taux supérieur à 90 % à l’horizon 2030.

Le patron de l’institution d’émission sous-régionale estime que cette dynamique doit permettre de mobiliser davantage l’épargne locale et de l’orienter vers des financements de long terme, essentiels à la soutenabilité des finances publiques et au développement économique.

8ème édition des Rencontres du Marché des Titres publics à Lomé

Les assises de Lomé ont également constitué une opportunité pour le lancement d’une nouvelle plateforme destinée à dynamiser le marché secondaire. Il s’agit de la plateforme de cotation et de transaction dédiée aux titres publics. Cette innovation vise à améliorer la formation des prix, à réduire les coûts de transaction et à renforcer la transparence, afin de faire de la dette souveraine un véritable actif de référence sur le marché financier régional. Une initiative appelée à favoriser l’émergence d’un marché plus profond, plus éthique et plus résilient.

Le gouverneur de la BCEAO a, par ailleurs, rappelé que la crédibilité du marché des titres publics repose aussi sur le respect des bonnes pratiques, de l’éthique et de la déontologie par l’ensemble des acteurs. Une communication plus structurée des États sur leurs stratégies d’endettement, ainsi qu’un dialogue renforcé avec les investisseurs, sont jugés indispensables pour consolider la confiance.

À l’issue des travaux, les Rencontres devraient déboucher sur une feuille de route opérationnelle, fondée sur des engagements clairs et des indicateurs mesurables. L’objectif affiché est de renforcer durablement la résilience du marché et son rôle moteur dans le financement des économies de l’UEMOA.