Justice économique : Plaidoyer pour une approche de genre dans la gestion de la dette africaine
Par Boubacar GASSAMA

Réclamer l’avenir de l’Afrique à travers une perspective féministe de la dette et du développement de l’Afrique. C’est le plaidoyer exprimé dans le Manifeste de Maputo 2024 sur la dette africaine. Une déclaration lue lors de la 5ème édition de l’Initiative Médias Afrodad (AfroMedi V), tenue du 25 au 27 mars 2025 à Sandton, Johannesburg, est revenue sur cette approche indispensable à un développement harmonieux de l’Afrique.
Dans le cadre d’un débat sur le thème « La crise de la dette africaine : Perspectives et Alternatives Féministes Panafricaines », Vanessa Jaravaza, chargée de l’administration et de la logistique à Afrodad a présenté le Manifeste dont les actions à court terme consistent à la recherche spécifique du genre sur les politiques et pratiques entravant les progrès.
Sur cette même lancée, les États sont priés de supprimer les lois et pratiques culturelles qui favorisent les inégalités de genre; assurer un engagement mondial et un agenda transformateur; mais aussi proposer et mettre en œuvre un plan d’action mesurable.
Ils doivent travailler pour adopter une approche féministe sur la dette et le développement en établissant un lien entre la dette, l’égalité des genres et la justice sociale.
Face à l’énormité des enjeux, Mme Jaravaza pense que les défis majeurs reviennent à réduire l’impact provoquant des réductions dans les allocations budgétaires pour l’éducation, la santé et les investissements publics.
A cela s’ajoutent la nécessité d’éliminer les déficits budgétaires à long terme dans l’éducation pour réduire le taux d’analphabétisme et arrêter les mariages précoces.
Ils devront aussi s’attaquer à l’absence de budgets sensibles au genre et données sur les contributions économiques des femmes et leurs paiements d’impôts.
Les initiateurs de cette campagne pense que l’architecture financière mondiale est dépassée parce que datant de l’après-deuxième Guerre mondiale.
C’est ainsi qu’ils ont établies des recommandations clés qui invitent à des investissements dans le leadership des femmes et reconnaître leurs histoires et contributions.
Pour Vanessa Jaravaza, les femmes doivent continuer à occuper l’espace et accéder à davantage des ressources pour raconter leurs histoires. Il sera ainsi question d’éviter les systèmes politiques et économiques basés sur des cadres dominés par les hommes.

Dans cette dynamique, les gouvernements africains doivent augmenter la représentation des femmes dans la prise de décision politique et économique surtout des décisions concernant la dette et le développement.
Ils doivent mettre en place des systèmes électoraux et des partis politiques inclusifs, réformer les systèmes fiscaux et budgétaires, promouvoir les économies de soin avec un accès équitable aux ressources, opportunités et avantages.
Le protocole de Maputo recommande également de mettre l’accent sur les systèmes de protection sociale, l’investissement dans les marchés du travail, la création d’opportunités d’emploi et plaide pour l’annulation et la restructuration de la dette.
Selon ce document réformateur, les gouvernements africains devraient former un front uni lors des négociations internationales et adopter des politiques visant à démanteler les structures patriarcales et néocoloniales.
Le Protocole appelle à établir des institutions régionales solides et que l’Afrique doit s’affirmer en tant que créatrice de règles plutôt que suiveuse de règles en matière de gestion de la dette.