Ghana : L’exploitation de la mine d’or de Bogoso-Prestea relancée

Après deux années d’interruption liées à un contentieux, la mine aurifère de Bogoso-Prestea, au Ghana, a repris ses activités. Désormais exploitée par la société Heath Goldfields, l’installation a enregistré sa première coulée d’or en février, franchissant ainsi une étape décisive dans sa relance.
Par Dorcas Davier AHOUANGAN
Le 9 avril, l’opérateur ghanéen a annoncé avoir obtenu un financement de 65 millions de dollars auprès du géant du négoce Trafigura. Cet appui intervient seulement quelques semaines après la reprise effective des opérations sur ce site stratégique, resté inactif pendant vingt-quatre mois.
Cette relance fait suite à la décision des autorités ghanéennes de retirer le permis minier à Blue Gold, l’ancien exploitant du site, ouvrant ainsi la voie à une reprise par Heath Goldfields en 2024. Depuis, la société basée à Accra accélère ses investissements et prévoit d’injecter 135 millions de dollars supplémentaires cette année afin de renforcer ses capacités de production.
Le financement accordé par Trafigura, structuré sous forme de dette, s’accompagne d’un accord d’achat stratégique. Le négociant s’est engagé à acquérir 700 000 onces d’or issues de la mine, garantissant ainsi des débouchés commerciaux à moyen terme. Les premières livraisons devraient intervenir conformément au calendrier de production en cours de déploiement.
Pour Patrick Appiah Mensah, directeur général de Heath Goldfields, cet accord représente un tournant majeur. Il permettra de sécuriser les revenus, d’accélérer les investissements et de générer des emplois durables, tout en renforçant la contribution du projet au développement des communautés locales. Il y voit également un signal de confiance fort à l’égard du secteur minier ghanéen et de la capacité d’acteurs locaux à piloter des projets d’envergure.
Malgré cette dynamique positive, des incertitudes demeurent. Blue Gold conteste toujours la révocation de son permis et a engagé une procédure d’arbitrage international contre l’État ghanéen, réclamant plus d’un milliard de dollars de compensation.