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Gabon : La relance en béton du BTP sous la transition militaire

Propos recueillis par Aziz Adewale TCHANDI

L’arrivée au pouvoir des militaires du Comité de Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI) a permis de relancer un secteur du BTP en « berne ». À Libreville, la capitale, comme à l’intérieur du pays, le béton est coulé.

Certains chantiers ont une forte valeur symbolique, à l’instar de celui de la reconstruction du Palais des Congrès de « la Cité de la Démocratie », détruit sous le régime d’Ali Bongo ONDIMBA pour la construction d’un circuit automobile de Formule 1, ou de l’hôtel des Affaires Étrangères, sans oublier le siège de la Radio Africa N°1, précurseur du panafricanisme médiatique en Afrique francophone. On peut ajouter à ces édifices en construction ou en réhabilitation l’immeuble Émeraude, destiné à abriter les différents ministères à proximité du centre-ville.

À l’intérieur du pays, dans l’Ogooué-Lolo (Koulamoutou), banques, casernes de sapeurs-pompiers et logements d’officiers et d’hommes de troupe sont sortis de terre et devraient être livrés en février ou mars prochain, selon des sources concordantes.

Les opérateurs économiques gabonais mis à contribution

Sous le régime militaire, plusieurs opérateurs économiques gabonais ont obtenu des marchés. « Pas encore suffisant », a confié Michel, un promoteur de PME du secteur, qui fustige les marchés de « gré à gré » et « l’opacité » qui aurait entouré l’attribution de certains.

Henry Lebembi, qui a bénéficié de trois marchés à Koulamoutou (sud), estime que sans le président de la Transition, il n’aurait jamais eu la chance d’être retenu. « Le Président m’a donné ces marchés – construction de la caserne des sapeurs-pompiers, des logements des hommes de troupe et des officiers – lors de sa dernière tournée républicaine. Sans lui, je n’aurais rien eu », a-t-il indiqué.

Actuellement, des tensions de trésorerie ont entraîné un ralentissement des travaux sur de nombreux chantiers. « Trop de chantiers ont été lancés en même temps, l’exécution de tous ces travaux jusqu’à leur terme sera difficile », a avancé un financier, rencontré à Libreville mais qui a requis l’anonymat.

Le Comité de Transition pour la Restauration des Institutions tient, malgré ces obstacles conjoncturels, à ce que nombre de ces chantiers soient livrés courant 2025. Un véritable défi en année électorale !