Finance : Fitch cesse de noter Dangote Industries
✍️Par Kevin da SILVA

Fitch Ratings a annoncé la fin de son suivi de Dangote Industries, l’un des plus grands conglomérats industriels d’Afrique. Cette décision intervient après plusieurs mois de surveillance négative en raison des difficultés de refinancement du groupe.
Dangote Industries, présent dans les secteurs du ciment, du raffinage pétrolier et des engrais, doit faire face à des engagements financiers colossaux. Le groupe doit rembourser 2 milliards de dollars de dette syndiquée senior, ainsi que 1,65 milliard de dollars de prêts intra-groupe exigibles à la demande. Ces échéances surviennent alors que la raffinerie de Lekki, pilier de la stratégie d’expansion du groupe, peine à atteindre sa pleine capacité de production. Résultat : les revenus générés ne suffisent pas à alléger la pression sur la trésorerie de l’entreprise.
Dans son dernier rapport, Fitch avait placé la dette de Dangote sous Rating Watch Negative, signalant un risque de dégradation imminente de sa notation. L’agence justifie son retrait par des « raisons commerciales », mais souligne que le problème de refinancement de la dette arrivant à échéance n’a pas été résolu. « Le refinancement en cours de la dette de la société n’a pas abouti », a précisé Fitch dans son communiqué.
Le retrait de Fitch ne signifie pas que Dangote est en défaut de paiement, mais il complique la situation. Sans notation, le groupe pourrait rencontrer des difficultés pour lever des fonds sur les marchés financiers. Les investisseurs et créanciers internationaux, qui s’appuient sur les évaluations des agences pour mesurer le risque de crédit, pourraient exiger des taux d’intérêt plus élevés ou réduire leur exposition à l’entreprise.
Cependant, Dangote ne reste pas les bras croisés. Selon des sources proches du dossier, des négociations sont en cours avec les créanciers pour allonger les échéances de la dette et obtenir des conditions de refinancement plus favorables. Si ces discussions aboutissent, elles pourraient stabiliser la trésorerie du groupe et rassurer les marchés. Malgré les défis, Dangote Industries garde des atouts. Sa raffinerie de Lekki, bien qu’en retard sur ses objectifs de production, reste un projet stratégique pour l’avenir du groupe. Si elle atteint sa pleine capacité, elle pourrait générer des revenus significatifs et réduire la pression financière. Par ailleurs, les négociations en cours avec les créanciers pourraient ouvrir la voie à un assainissement de la situation.
En attendant, les yeux sont tournés vers les autres agences de notation, comme Moody’s et S&P Global Ratings, dont les prochaines évaluations seront scrutées de près par les investisseurs. La capacité de Dangote à surmonter cette période critique dépendra largement de sa réussite à sécuriser de nouveaux financements et à rétablir la confiance des marchés.