Croissance : l’UEMOA résiste à la tempête économique mondiale

Alors que la croissance mondiale fléchit sous l’effet des tensions commerciales, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) maintient des performances solides, soutenues par une demande intérieure dynamique et des secteurs productifs robustes.
Par Kevin da SILVA
L’économie mondiale traverse une période de turbulences. Selon le FMI, la croissance mondiale devrait atteindre 2,8 % en 2025 et 3,0 % en 2026, en recul par rapport aux prévisions initiales de 3,3 %. Cette révision à la baisse s’explique par l’intensification des tensions commerciales, marquée par de nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis et des mesures de représailles, affectant ainsi le commerce international et les marchés financiers.
Contrairement à cette tendance mondiale, l’UEMOA affiche des perspectives économiques favorables. Le PIB de la zone devrait progresser de 6,4 % en 2025 et de 6,2 % en 2026, après une croissance de 6,3 % en 2024. Cette dynamique positive repose sur une demande intérieure soutenue, la bonne performance des secteurs extractifs, ainsi que la résilience du secteur agricole.
Les États membres poursuivent leur politique de consolidation budgétaire. Le déficit public devrait se réduire, passant de 5,2 % du PIB en 2024 à 3,7 % en 2025, puis à 3,2 % en 2026. La dette publique resterait stable, avoisinant les 62 % du PIB. La balance des paiements devrait également afficher un excédent, porté par la hausse des exportations et des financements extérieurs, qui atteindront 2.623 milliards de FCFA en 2025, contre 3.012 milliards en 2024. Après un ralentissement en 2024, le financement de l’économie devrait accélérer, avec une prévision de +8,3 % en 2025 et +9,1 % en 2026, contre seulement +4,5 % en 2024.
Autre élément positif, l’inflation devrait rester maîtrisée, à 2,2 % en 2025 et 2,3 % en 2026, après 3,5 % en 2024. Cette modération des prix est attribuée à la baisse des coûts mondiaux des produits alimentaires et pétroliers, ainsi qu’à l’augmentation de l’offre domestique.