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Croissance et résilience économique : La Côte d’Ivoire sécurise 740 millions de dollars du FMI pour ses réformes

Par la Rédaction

Adama Coulibaly, ministre des finances et du Budget de la Côte d'Ivoire

Le Fonds monétaire international (FMI) et la Côte d’Ivoire ont conclu un accord au niveau des services sur la quatrième revue des programmes économiques appuyés par le Mécanisme élargi de crédit (MEDC) et la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que sur la troisième revue du programme de réformes climatiques soutenu par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cet accord ouvre la voie à un décaissement de 740 millions de dollars sous réserve de l’approbation du conseil d’administration du FMI.

D’après Olaf Unteroberdoerster, chef de mission du FMI, « l’économie de la Côte d’Ivoire demeure résiliente, et la croissance devrait s’accélérer en 2025 à plus de 6 %, grâce notamment à un rebond de la production agricole, à des termes de l’échange favorables et à une croissance robuste dans les hydrocarbures, les mines et les services ». Cette dynamique est soutenue par une hausse des cours internationaux du cacao et une baisse des prix du pétrole, permettant ainsi de réduire le déficit courant extérieur sous la barre des 4 % du PIB en 2025.

La Côte d’Ivoire maintient son engagement à réduire son déficit budgétaire à 3 % du PIB en 2025, en ligne avec les normes de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). « Un accord a également été conclu sur des réformes structurelles visant à renforcer la mobilisation des recettes intérieures, la gestion des finances publiques et la gouvernance », explique Unteroberdoerster. Ces mesures visent à consolider la stabilité économique à moyen terme.

Dans le cadre de la FRD, les efforts sont tournés vers l’implémentation de mesures environnementales ambitieuses. Le programme prévoit « une taxonomie de transition climatique avec un cadre de divulgation pour stimuler l’investissement privé vert, un système d’alerte précoce aux catastrophes naturelles, ainsi que des initiatives pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre », souligne Unteroberdoerster. Ces actions doivent favoriser une intégration accrue des enjeux climatiques dans la gestion des finances publiques.

Des perspectives prometteuses pour 2026 et au-delà

Selon les projections du FMI, la croissance économique ivoirienne devrait atteindre 6,5 % en moyenne entre 2026 et 2030, tandis que l’inflation resterait sous les 3 % dès 2025. « La poursuite des efforts vigoureux de mobilisation des recettes permettra de financer les investissements prioritaires dans les infrastructures et les programmes sociaux », affirme Unteroberdoerster. La bonne gestion des finances publiques et de la dette devrait aussi préserver un risque modéré de surendettement.

Enfin, le succès récent de l’émission d’euro-obligations libellées en dollars et en francs CFA illustre la confiance des marchés financiers internationaux envers la Côte d’Ivoire. Le pays s’affirme ainsi comme un pilier de la stabilité régionale en Afrique de l’Ouest.