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Conflit au Moyen-Orient : le Port de Dakar s’interroge sur les répercussions pour le commerce maritime

Les douze points de passage obligatoire de rang mondiale fixant les grandes routes maritimes

Les tensions persistantes au Moyen-Orient continuent de perturber les grandes routes du commerce maritime mondial. Alors que plusieurs corridors stratégiques deviennent des zones à risque pour les armateurs, la chaîne logistique internationale s’adapte. Pour l’Afrique de l’Ouest, et notamment pour le Port autonome de Dakar (PAD), l’impact demeure pour l’instant limité, même si certains effets indirects commencent à apparaître.

Par Bacary DABO

Des routes maritimes sous pression. C’est le qualificatif qui correspond le mieux au transport maritime, qui assure environ 80 % du commerce mondial. Une part importante de ces flux transite par des passages stratégiques tels que le canal de Suez, le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb. Le Port autonome de Dakar estime que les tensions dans ces zones ont entraîné une hausse des primes d’assurance maritime ainsi que des surtaxes appliquées par certains armateurs.

Pour réduire les risques, lit-on dans une note d’information, plusieurs compagnies maritimes choisissent désormais de contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, rallongeant les trajets entre l’Asie et l’Europe de dix à quinze jours. Ce détour entraîne, selon les équipes du PAD, une hausse mécanique des coûts de transport et des délais d’acheminement.

Malgré cette redistribution des cartes, l’Afrique reste relativement peu intégrée aux grandes routes maritimes mondiales. Elle représente moins de 5 % du trafic global, et la plupart des ports africains ne reçoivent pas directement les plus grands porte-conteneurs.

En Afrique de l’Ouest, une grande partie des marchandises transite d’abord par des hubs régionaux comme Lomé ou Abidjan avant d’être redistribuée vers d’autres ports de la sous-région via des navires de plus petite taille.

Dakar relativement préservé

Dans ce contexte, le Port autonome de Dakar apparaît relativement épargné par les perturbations directes liées au conflit au Moyen-Orient. Selon la même source, les navires qui desservent la plateforme sénégalaise opèrent principalement sur des lignes régionales ou des circuits de transbordement.

Cependant, avertit la note d’information, les ajustements opérés par les compagnies maritimes en amont de la chaîne logistique se répercutent progressivement sur les coûts de transport. Ainsi, le prix d’acheminement d’un conteneur, qui s’établissait autour de 1 500 dollars, peut désormais atteindre près de 2 000 dollars en raison de la hausse des primes d’assurance, des coûts du carburant et des détours logistiques.

Malgré ces incertitudes, le port de Dakar met en avant la “fiabilité” de ses opérations et la continuité de ses services. Dans un environnement maritime international instable, la capacité des ports à maintenir des opérations fluides devient un facteur déterminant de compétitivité.

À plus long terme, la reconfiguration actuelle des routes maritimes pourrait même renforcer l’intérêt stratégique de certaines plateformes africaines. Si les armateurs cherchent à diversifier leurs escales, des ports bien positionnés sur la façade atlantique, comme Dakar, pourraient tirer parti de cette nouvelle géographie du commerce maritime mondial.