Burkina Faso : Le secteur bancaire affiche une performance solide en 2024

Malgré un contexte géopolitique tendu, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a enregistré une dynamique économique positive en 2024. Au Burkina Faso, les 20 établissements de crédit ont consolidé leur position, confirmant ainsi leur place de troisième marché bancaire de l’UEMOA, derrière la Côte d’Ivoire et le Sénégal.
Par Dorcas Davier AHOUANGAN
Le Burkina Faso dispose d’un réseau bancaire de 373 agences et bureaux, ainsi que de 610 guichets automatiques. Avec 3 269 451 comptes bancaires, le pays se classe en deuxième position dans l’UEMOA, juste derrière la Côte d’Ivoire. Cette expansion témoigne d’une bancarisation croissante, bien que les comptes des personnes physiques (3 073 481) dominent largement ceux des personnes morales (195 970). Selon les données provisoires de l’Autorité bancaire régionale, le bilan total des banques burkinabè s’élève à 9 574 milliards FCFA, en progression de 5,1 % par rapport à 2023. Ce montant représente 13,3 % du marché bancaire de l’Union.
Les fondamentaux du secteur bancaire burkinabè demeurent solides. Le coefficient de liquidité atteint 113,9 %, dépassant ainsi la moyenne régionale de 106,8 %. Par ailleurs, les créances en souffrance sur le marché interbancaire ont chuté de 44,5 %, passant de 883 milliards FCFA en 2023 à 490 milliards FCFA en 2024. Du côté des crédits clients, les prêts à court terme ont progressé de 19,4 %, atteignant 1 684,37 milliards FCFA, tandis que les crédits à long terme ont reculé de 20,8 %, s’établissant à 70,4 milliards FCFA.
Malgré une baisse de 11,5 % des produits bancaires globaux (2 174,2 milliards FCFA), le produit net bancaire a progressé de 2,5 %, atteignant 436,8 milliards FCFA. Cette amélioration s’explique notamment par une réduction spectaculaire des pertes, passant de 28,1 milliards FCFA en 2023 à 13,26 milliards FCFA en 2024, soit une baisse de 53 %. Cependant, les créances douteuses ont augmenté de 13,1 %, s’élevant à 448,5 milliards FCFA.
Les banques burkinabè respectent largement les normes prudentielles. Le ratio de fonds propres (CET1) s’élève à 13,9 %, bien au-dessus du minimum réglementaire de 7,5 %. Le ratio de solvabilité atteint 14,5 %, contre un seuil requis de 11,5 %. Par ailleurs, le capital social des établissements de crédit a augmenté de 25,4 %, pour s’établir à 328,7 milliards FCFA, dont 60 % est détenu par des investisseurs nationaux, y compris l’État burkinabè.
En 2024, les banques ont employé 4 359 personnes, dont plus de la moitié sont des cadres. Malgré un environnement économique difficile, le secteur a su maintenir sa stabilité et renforcer sa capacité à financer l’économie. Ces performances confirment la robustesse du système bancaire burkinabè et son rôle clé dans le développement du pays.