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Afrique de l’Ouest : L’Union européenne mise sur la culture comme moteur économique

Le projet « Africa-Europe Partnerships for Culture », financé par l’Union européenne et piloté par le Goethe-Institut, vise à transformer le secteur culturel ouest-africain

Lancé le 18 novembre à Dakar, le projet « Africa-Europe Partnerships for Culture », financé par l’Union européenne et piloté par le Goethe-Institut, vise à transformer le secteur culturel ouest-africain en une industrie structurée et économiquement viable. Une initiative stratégique destinée à professionnaliser les acteurs et à créer de la valeur. Le projet a été officiellement lancé au Sénégal le mardi 18 novembre 2025 à Dakar.

Par Bacary DABO

L’industrie culturelle et créative ouest-africaine vient de bénéficier d’un appui de taille pour exploiter pleinement son potentiel. C’est ce qu’il convient de retenir avec le lancement par le Goethe-Institut Sénégal, à la Place du Souvenir Africain de Dakar, du volet sénégalais du projet « Africa-Europe Partnerships for Culture – West Africa ». Cette initiative, financée par l’Union européenne, cherche à aller au-delà du simple soutien artistique pour traiter les défis structurels qui freinent encore le potentiel économique de la culture en Afrique de l’Ouest.

Fatou Gaye, assistante chargée des finances au Goethe-Institut, souligne que le projet vise aussi à renforcer la résilience face aux changements climatiques et aux catastrophes. Il s’appuie pour cela sur une gouvernance solide en collaboration avec les ministères de la Culture des pays bénéficiaires.

Un levier pour structurer un marché à fort potentiel

La scène culturelle sénégalaise, reconnue pour son dynamisme dans la musique, le cinéma et les arts urbains, reste confrontée à plusieurs obstacles majeurs. Les artistes rencontrent des difficultés de mobilité, un accès limité au financement et un manque de coopération transnationale. Ces freins empêchent la monétisation des œuvres et la croissance des entreprises culturelles.

Le projet entend répondre à ces défis en créant des synergies concrètes entre festivals, institutions et créateurs indépendants. Il adopte une approche pragmatique fondée sur le soutien à six clusters thématiques et transnationaux pour renforcer la coopération régionale. Le cluster Sénégal, qui inclut aussi la Gambie, la Guinée-Bissau et le Cap-Vert, se concentrera sur les festivals de musique, de cinéma et d’arts urbains.

L’objectif est de faciliter la circulation des artistes et des œuvres pour créer un marché sous-régional plus fluide et plus vaste. Le programme prévoit également des formations professionnelles et des échanges de compétences, un investissement direct dans le capital humain destiné à renforcer la qualité du secteur.

L’impact attendu inclut la formation de 250 professionnels de festivals aux meilleures pratiques internationales et l’accompagnement de 450 artistes pour développer leur carrière au-delà des frontières nationales. Le projet vise aussi à intégrer 48 festivals dans des réseaux régionaux et internationaux pour renforcer les liens culturels et générer de la valeur économique.

Mme Marie-Pierre Thiam, coordonnatrice de programme au Goethe-Institut Sénégal, précise que dans un premier temps, des festivals seront financés à hauteur de 100 mille.

Vers une intégration régionale et un accès au marché européen

Au-delà du Sénégal, cette initiative s’inscrit dans une vision d’intégration culturelle et économique à l’échelle des quinze pays de la CEDEAO. En structurant le secteur, le projet cherche à rendre les industries créatives ouest-africaines plus compétitives.

Les partenariats durables avec des organisations européennes, au cœur du dispositif, sont conçus comme des passerelles stratégiques pour renforcer la visibilité internationale des productions locales et faciliter leur accès au marché européen, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives d’exportation et de revenus.

Ce qui fait dire à M. Amaury Hoste, de la délégation de l’Union européenne à Dakar, que « ce projet promeut la co-construction vue les potentialités immenses de l’industrie culturelle et créative de l’Afrique de l’Ouest ».