Afreximbank porte son engagement dans la Caraïbe à 5 milliards de dollars

La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) change d’échelle dans la Caraïbe. À l’occasion de la 50e Conférence des chefs de gouvernement de la Caribbean Community (CARICOM), l’institution financière panafricaine a annoncé le relèvement de son plafond d’intervention régional, qui passe de 3 à 5 milliards de dollars sur les trois à quatre prochaines années.
Par Bacary DABO
Selon un communiqué de presse de l’institution bancaire, cette décision marque une accélération stratégique. La banque a déjà décaissé plus de 750 millions de dollars dans la région et dispose d’un portefeuille de projets supérieur à 2 milliards de dollars en cours d’exécution.
S’exprimant devant les chefs d’État et de gouvernement, le président d’Afreximbank, le Dr Benedict Oramah Elombi, a affirmé que l’ambition de l’institution pour la prochaine décennie est claire : « changer la structure de nos économies ». Concrètement, la banque entend investir dans la transformation locale des productions agricoles et des ressources naturelles afin de capter davantage de valeur ajoutée, stimuler la création d’emplois et renforcer les recettes publiques.
Ce nouveau cap financier soutiendra plusieurs axes prioritaires, dont le développement d’infrastructures sanitaires à la Barbade, au Guyana et à la Grenade ; l’appui à des projets touristiques aux Bahamas et à Antigua-et-Barbuda ; ainsi que le financement d’unités d’agrotransformation et de plateformes logistiques dans plusieurs États membres.
Des investissements sont également prévus dans la production et la distribution d’électricité, les infrastructures routières, les centres de conférence et les pôles commerciaux, notamment en Jamaïque et au Suriname.
Le communiqué précise qu’Afreximbank prévoit aussi des lignes de financement en faveur des banques locales, incluant des mécanismes de rétrocession dédiés aux PME via les banques de développement.
Au-delà des financements sectoriels, la banque soutient la mise en œuvre du système de paiement et de règlement de la CARICOM, inspiré du PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System), une plateforme lancée en Afrique pour faciliter les paiements transfrontaliers en monnaies locales. Ce mécanisme vise à réduire les coûts de transaction, fluidifier les échanges intrarégionaux et renforcer l’intégration économique caribéenne.
Par ailleurs, Afreximbank travaille à la création d’une Caribbean Eximbank, appelée à financer des investissements structurants à fort impact transformationnel.
Cette montée en puissance, d’après le communiqué, s’inscrit dans une stratégie plus large de coopération Sud-Sud. La banque accompagne déjà l’implantation d’entreprises africaines dans la région, notamment dans les secteurs bancaire, énergétique et des zones économiques spéciales.
La tenue, en juillet prochain à Saint-Kitts-et-Nevis, du Forum Afrique-Caraïbe sur le commerce et l’investissement (ACTIF 2026) devrait consolider cette dynamique en réunissant décideurs publics, investisseurs et opérateurs économiques des deux espaces.
Avec un encours d’actifs total dépassant 40 milliards de dollars à fin 2024, Afreximbank confirme ainsi son ambition de devenir un acteur structurant de l’architecture financière entre l’Afrique et la Caraïbe, en misant sur l’industrialisation, l’intégration régionale et la transformation productive.