Ghana : Le prix bord champ du Cacao en hausse

À l’aube de la campagne 2025/2026, le gouvernement ghanéen a fixé le prix d’achat du cacao à 5 040 dollars la tonne, soit une hausse de 62,5 %. Bien que cette mesure soit saluée, elle est jugée insuffisante par les producteurs qui font face à une explosion des coûts de production.
Par Kevin da SILVA
Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao après la Côte d’Ivoire, a tranché sur une question sensible : celle du prix bord champ. À partir du 7 août, date d’ouverture officielle de la nouvelle campagne cacaoyère 2025/2026, le prix d’achat au producteur sera fixé à 5 040 dollars la tonne, contre 3 100 dollars lors de la saison précédente. Cette augmentation de 62,5 % vise à mieux rémunérer les cultivateurs dans un contexte économique difficile. Cependant, pour de nombreux acteurs de la filière, cette revalorisation reste insuffisante. Plusieurs coopératives, comme celle présidée par Ernestina Osei-Tutu, plaidaient pour un prix plancher de 5 937 dollars la tonne, soit 4 000 cedis le sac de 64 kg, afin de couvrir les coûts de production qui ne cessent d’augmenter.
Face aux critiques, le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, a annoncé une série de mesures d’accompagnement. Parmi celles-ci, la réintroduction du programme de distribution gratuite d’intrants agricoles dès la campagne 2025/2026. Le gouvernement s’engage à fournir aux producteurs des engrais liquides et granulés, des insecticides, des fongicides, des pulvérisateurs et des stimulateurs de floraison. Cette initiative vise à alléger la charge financière des exploitants et à stimuler la productivité dans un secteur en perte de vitesse.
Une filière en crise structurelle
La filière cacao au Ghana traverse une crise structurelle depuis plusieurs années. Les maladies telles que le swollen shoot, la prolifération de l’orpaillage illégal (galamsey) dans les zones de production, ainsi que le vieillissement des plantations pèsent lourdement sur la production nationale. Les dernières estimations pour la campagne 2024/2025 prévoient une récolte de 600 000 tonnes, bien loin du seuil symbolique des 800 000 tonnes, atteint pour la dernière fois il y a quatre ans. Les prévisions pour la nouvelle campagne seront donc scrutées de près, alors que le pays tente de redresser un pilier essentiel de son économie agricole.