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Economies africaines : Afreximbank mobilise 10 milliards de dollars amortir le choc de la crise du Golfe

Face aux turbulences économiques provoquées par l’escalade du conflit au Moyen-Orient, Afreximbank passe à l’offensive. L’institution panafricaine a annoncé, dans un communiqué de presse, le déploiement d’un Programme d’intervention d’urgence face à la crise du Golfe (GCRP). Doté d’une enveloppe de 10 milliards de dollars, cet instrument vise à protéger les économies africaines et caribéennes des répercussions du conflit.

Par Bacary DABO

Afreximbank

Une réponse rapide à un choc global. C’est ainsi que peut être qualifiée la mesure prise par Afreximbank. Depuis l’intensification des tensions le 28 février 2026, l’économie mondiale subit une onde de choc majeure, avec des effets particulièrement marqués en Afrique et dans la région de la CARICOM.

En cause, le rôle stratégique du Golfe comme principal fournisseur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) et d’engrais, mais aussi l’importance critique du détroit d’Ormuz dans les flux commerciaux internationaux.

Pour de nombreux pays africains, fortement dépendants des importations de carburants, de produits alimentaires ou d’intrants agricoles, la crise se traduit par une hausse des coûts, des tensions sur les approvisionnements et un risque accru de déséquilibres macroéconomiques.

C’est dans ce contexte qu’a été lancé le Programme d’intervention d’urgence face à la crise du Golfe (GCRP), qui vise en priorité à garantir la continuité des importations essentielles. Il prévoit la mise à disposition de devises étrangères et de liquidités à court terme afin de permettre aux États membres de maintenir leurs achats de carburant, de GNL, de denrées alimentaires, d’engrais et de produits pharmaceutiques.

Au-delà de cette réponse d’urgence, précise le communiqué, l’initiative entend également soutenir les secteurs les plus exposés, notamment le tourisme et l’aviation, durement touchés par les perturbations liées au conflit.

Transformer la crise en opportunité

Afreximbank ne se limite pas à une logique défensive. Le GCRP ambitionne aussi de positionner certains pays africains comme bénéficiaires indirects de la reconfiguration des flux mondiaux. Les exportateurs d’énergie et de minerais pourraient ainsi tirer parti de la hausse des prix et de la demande accrue.

Le programme prévoit notamment des financements de préexportation, du fonds de roulement ainsi que des mécanismes de financement des stocks, afin de renforcer les capacités de production et d’exportation des matières premières stratégiques.

Au-delà de l’urgence, souligne la même source, l’initiative s’inscrit dans une vision structurelle. Elle vise à renforcer la résilience des économies africaines face aux chocs externes, notamment en accélérant les investissements dans les infrastructures énergétiques, portuaires et logistiques.

« Ce programme aidera les pays africains à s’adapter en douceur à la crise tout en renforçant leur résilience face aux chocs futurs », a souligné George Elombi, mettant en avant une approche combinant stabilisation immédiate et transformation économique.

Une continuité dans l’action d’Afreximbank

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des interventions précédentes de la banque face aux crises globales. Lors de la pandémie de COVID-19 ou encore de la crise ukrainienne, Afreximbank avait déjà mobilisé des financements massifs pour soutenir les économies africaines.

À titre d’exemple, son programme d’ajustement lié à la crise ukrainienne avait permis de décaisser jusqu’à 39 milliards de dollars afin de combler les déficits de liquidité et de sécuriser les approvisionnements essentiels.

Le GCRP s’appuie également sur une approche collaborative. Afreximbank entend travailler en étroite coordination avec plusieurs institutions, dont la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine.

L’objectif est de renforcer la sécurité énergétique, de diversifier les chaînes d’approvisionnement et d’améliorer la résilience commerciale du continent face aux chocs exogènes.