Le miroir du développement de l'Afrique !

UMOA : Entre croissance solide en 2025 et incertitudes persistantes pour 2026

Réunis à Dakar à l’occasion de la première session ordinaire de 2026, ce vendredi 27 mars, les ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UMOA) ont dressé un bilan globalement positif de la conjoncture économique régionale. Les argentiers de l’Union ont toutefois appelé à une vigilance accrue face aux risques internationaux.

Par Bacary DABO

UMOA : une croissance robuste en 2025, sous la menace des incertitudes mondiales en 2026

Dans un contexte mondial encore marqué par les tensions géopolitiques et les recompositions économiques liées aux transitions énergétique et numérique, l’Union affiche des performances robustes. En 2025, la croissance économique de l’UMOA a atteint 6,7 %, contre 6,2 % en 2024, portée notamment par la bonne tenue des industries extractives, le dynamisme du secteur des services et une campagne agricole jugée satisfaisante, a indiqué Dr Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Économie et des Finances du Burkina Faso et président en exercice du Conseil des ministres de l’Union.

Sur le front des prix, a poursuivi le président en exercice du Conseil des ministres, la situation s’est nettement améliorée. L’inflation est ressortie à 0 % en 2025, après 3,5 % un an plus tôt, grâce à la baisse des coûts internationaux des produits alimentaires et énergétiques, ainsi qu’à une meilleure disponibilité des céréales sur les marchés locaux.

Le financement de l’économie a également progressé, avec une hausse des crédits bancaires de 5,6 % à fin décembre 2025, contre 4,5 % en 2024, traduisant un soutien accru au secteur productif.

Priorité à la compétitivité et à l’intégration

À l’échelle mondiale, la croissance est restée stable à 3,3 % en 2025, tandis que l’inflation a reculé à 4,1 %, contre 5,8 % en 2024. Toutefois, les perspectives pour 2026 demeurent fragiles, en raison de la persistance des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, et des risques liés au changement climatique.

Dans ce contexte, les autorités de l’Union soulignent la nécessité d’une réponse collective. « Aucun de nos États ne peut relever seul ces défis », a rappelé Dr Aboubakar Nacanabo, insistant sur l’importance d’une intégration régionale renforcée, d’une harmonisation des politiques économiques et d’une mutualisation des ressources.

Les travaux du Conseil portent notamment sur plusieurs chantiers structurants. Parmi eux figurent l’examen de la situation économique et monétaire à fin 2025, l’approbation des comptes de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), ainsi que l’adoption de stratégies régionales majeures.

Les États membres devraient ainsi se prononcer sur des initiatives visant à stimuler le développement du secteur privé, renforcer le dialogue public-privé et améliorer la compétitivité des économies de l’Union. Ces orientations s’inscrivent dans la dynamique de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Au-delà des indicateurs conjoncturels, les autorités de l’UMOA affichent l’ambition de bâtir une économie plus résiliente, inclusive et souveraine. Cela passe par une accélération des réformes structurelles et une meilleure coordination des politiques publiques à l’échelle régionale.

Malgré des fondamentaux solides, l’Union reste exposée aux chocs externes, aux défis sécuritaires dans la région sahélienne et aux effets du changement climatique. Autant de facteurs qui imposent une gouvernance économique proactive et anticipative.

En ouvrant cette session, le président en exercice du Conseil des ministres a ainsi appelé à des « décisions courageuses » pour consolider les acquis et préparer l’avenir dans un environnement international de plus en plus incertain.