Sénégal : Un Comité de médiation maritime pour désengorger les litiges portuaires

Les acteurs du secteur maritime sénégalais ont officiellement lancé, le mercredi 25 mars 2026 à Dakar, le Comité national de médiation maritime et portuaire. Cette nouvelle instance vise à régler à l’amiable les différends entre opérateurs et à renforcer l’efficacité de la place portuaire de Dakar.
Par Bacary DABO
Adossé au Tribunal de commerce hors classe de Dakar, le Comité national de médiation maritime et portuaire s’inscrit dans une dynamique de modernisation de la justice commerciale et de promotion des modes alternatifs de règlement des différends, conformément aux standards du droit OHADA. L’objectif est de désengorger les juridictions et d’offrir des solutions plus rapides, adaptées à la technicité du secteur maritime.
Transport de marchandises, consignation, manutention ou logistique : les litiges dans ces activités peuvent rapidement perturber la chaîne portuaire. En favorisant la médiation, le Comité entend réduire les délais de traitement et limiter les immobilisations coûteuses pour les opérateurs. « Un navire crée de la valeur en mer, pas à quai », résume un acteur du secteur.
Le secteur maritime et portuaire constitue un pilier stratégique de l’économie sénégalaise. À ce titre, Mansour Ndiaye, secrétaire général de cette instance, estime qu’il requiert des mécanismes efficaces, rapides et spécialisés de gestion des litiges, adaptés à la technicité des opérations telles que le transport maritime de marchandises, les opérations de consignation, la manutention portuaire et les activités logistiques connexes.
Le dispositif repose sur des médiateurs issus du milieu maritime et portuaire, capables d’apporter une expertise technique aux différends traités, tout en garantissant neutralité et impartialité grâce à l’encadrement du Tribunal de commerce. Une approche qui, selon Amadou Massar Sarr, coordonnateur du Comité, permet de favoriser des cadres de dialogue apaisés.
Au-delà de la gestion des conflits, l’initiative vise à instaurer une culture du règlement amiable, afin de préserver les relations d’affaires et d’améliorer la sécurité juridique.
Dans un contexte de concurrence accrue entre ports ouest-africains, ce nouvel outil pourrait constituer un levier de compétitivité pour le port de Dakar, en renforçant la fluidité des opérations et l’attractivité de la plateforme logistique sénégalaise.
Baba Tall, président de la Communauté des acteurs portuaires du Sénégal, espère ainsi que plus de 90 % des contentieux maritimes soient traités par le Comité.
Aïssatou Diémé Diallo, présidente du Tribunal de commerce de Dakar, encourage les acteurs portuaires à privilégier la médiation afin de trouver des solutions et des issues heureuses en cas de conflit.