Régulation du secteur de l’énergie : La CRSE se relooke et dévoile ses nouvelles ambitions

Nouvelle charte graphique, cadre institutionnel adapté aux enjeux actuels, autonomie financière réaffirmée… La Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE) adopte un « new look ». Elle a présenté ses nouvelles ambitions, plaçant la régulation énergétique au cœur des réformes pour un secteur plus compétitif et inclusif. C’était lors du 1er Forum sur la régulation du secteur de l’énergie, tenu ce mardi 24 mars 2026 à Dakar.
Par Bacary DABO
Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la transformation de son secteur énergétique. Réunis à Dakar lors du forum, autorités publiques, régulateur, partenaires techniques et acteurs privés ont dressé les contours d’un système en pleine mutation, où la régulation s’impose comme un levier stratégique de gouvernance, d’attractivité et de protection des consommateurs.
Dans un contexte mondial marqué par la hausse de la demande énergétique, l’essor des énergies renouvelables et les impératifs environnementaux, le rôle du régulateur s’affirme comme central. Le président de la CRSE, Ibrahima Niane, a souligné que la régulation constitue désormais « un pilier essentiel pour assurer l’équilibre du secteur, renforcer la confiance des acteurs et garantir un accès équitable à l’énergie ».
Au Sénégal, cette ambition se traduit par une réforme institutionnelle majeure ayant élargi les prérogatives de la CRSE. Désormais multisectorielle, elle couvre à la fois l’électricité, les hydrocarbures et les segments intermédiaires, marquant ainsi une évolution vers une gouvernance plus intégrée et cohérente du secteur énergétique.
Pour les autorités, l’enjeu est de bâtir un environnement réglementaire stable, transparent et attractif pour les investisseurs. Le directeur général du MCA Sénégal, Oumar Diop, a rappelé que le développement durable du secteur repose autant sur les infrastructures que sur la solidité du cadre institutionnel.
Le programme du second compact du Millennium Challenge Corporation (MCC), en cours d’exécution, combine ainsi investissements massifs dans le réseau électrique et réformes structurelles, dont le nouveau Code de l’électricité adopté en 2021. L’objectif est de garantir un équilibre durable entre les intérêts de l’État, des opérateurs et des consommateurs, tout en renforçant la confiance des investisseurs.
La régulation comme levier de compétitivité économique
Pour le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, la régulation ne doit plus être perçue comme une contrainte administrative, mais comme un véritable levier de compétitivité.
« Le secteur de l’énergie est le moteur de notre compétitivité », a-t-il affirmé, insistant sur l’objectif d’un accès universel à une énergie fiable et abordable à l’horizon 2029. Dans cette perspective, la régulation joue un rôle déterminant dans le contrôle des tarifs, la qualité du service et la protection des consommateurs, tout en assurant la viabilité financière des opérateurs.

Parmi les enjeux majeurs évoqués lors du forum figurent l’évolution du rôle du consommateur et le développement du marché du gaz butane, entre autres.
Au-delà des réformes techniques, la CRSE mise également sur la communication pour renforcer son efficacité. Une campagne nationale sera déployée dans les différentes régions du pays, accompagnée de nouveaux outils pédagogiques, dont un guide du consommateur et un livret de l’investisseur.
Cette démarche vise à améliorer la compréhension du cadre réglementaire, condition essentielle pour favoriser une participation active des acteurs et une meilleure appropriation des réformes.