Burkina Faso : Un Plan Relance 2026-2030 de 36 000 milliards FCFA

Le gouvernement burkinabè a officiellement adopté, ce jeudi 29 janvier 2026, un nouveau cadre stratégique de développement dénommé « Plan Relance 2026-2030 ». D’un coût global de trente-six mille milliards de francs CFA, ce document servira de feuille de route à l’action gouvernementale pour les cinq prochaines années. Le ministre de l’Économie et des Finances, le Dr Aboubakar Nacanabo, a précisé que cette adoption s’inscrit dans le cadre légal de la planification quinquennale du pays, le plan précédent étant arrivé à échéance le 31 décembre 2025.
Par Dorcas Davier AHOUANGAN
Conçu comme un instrument de rupture méthodologique et stratégique, le Plan Relance 2026-2030 intègre les enseignements tirés des cadres de référence antérieurs. Il capitalise sur les acquis tout en reconnaissant les limites des politiques sectorielles mises en œuvre, avec une attention particulière portée à l’efficacité de l’action publique, à la cohérence intersectorielle et à la soutenabilité des politiques économiques.
Son ancrage politique et institutionnel puise sa source dans la Charte de la Transition, révisée en mai 2024, ainsi que dans les orientations de la Révolution progressiste populaire. Le plan se veut également le reflet des aspirations de long terme des populations, telles qu’exprimées dans l’étude prospective « Burkina 2060 », renforçant ainsi sa légitimité sociale et la portée de sa vision.
La vision centrale du plan est de faire du « Burkina Faso une nation souveraine et prospère, bâtissant un développement endogène et durable au service du bien-être de tous ». Pour concrétiser cette ambition, le document stratégique s’articule autour de quatre piliers interdépendants.
Le premier pilier est dédié à la consolidation de la sécurité, de la cohésion sociale et de la paix. Le deuxième vise la refondation de l’État et l’amélioration de la gouvernance. Le troisième porte sur le développement du capital humain. Enfin, le quatrième pilier cible le développement d’infrastructures structurantes et la transformation durable de l’économie nationale.
Le ministre Nacanabo a par ailleurs détaillé plusieurs impacts quantitatifs attendus de la mise en œuvre du plan. Parmi les principaux objectifs figurent la reconquête totale du territoire national, la réduction du taux de pauvreté de 42 % à 35 %, l’augmentation de l’espérance de vie de 61 à 68 ans, ainsi qu’une hausse significative de la capacité de production électrique, appelée à passer de 685 MW à plus de 2 500 MW.
L’une des innovations majeures du Plan Relance 2026-2030 réside dans son architecture opérationnelle. Chaque pilier est décliné en programmes spécifiques, eux-mêmes accélérés par des initiatives présidentielles identifiées comme des leviers prioritaires de mise en œuvre.
Sur le plan du financement, le document marque un changement de paradigme. Près des deux tiers des trente-six mille milliards de francs CFA mobilisés sur la période devraient provenir de ressources souveraines, traduisant une volonté de réduction de la dépendance historique aux financements extérieurs. Le ministre de l’Économie et des Finances a également lancé un appel au secteur privé national afin qu’il contribue activement au financement du plan, notamment à travers la réalisation de projets structurants.