Togo : l’État réduit de plus de 40 % les subventions aux produits énergétiques en 2026

En 2026, l’État togolais prévoit un ajustement significatif de sa politique de subvention des produits énergétiques. Selon les projections de la loi de finances, l’enveloppe consacrée aux produits pétroliers devrait s’établir à environ 14,2 milliards de FCFA, contre 25 milliards de FCFA en 2025, soit une contraction de plus de 40 %. Cette inflexion budgétaire s’inscrit dans une dynamique de rationalisation des dépenses publiques et de réformes structurelles soutenues par les partenaires techniques et financiers du pays.
Par Kevin da SILVA
La subvention des produits pétroliers demeure toutefois un instrument central pour contenir l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur le coût de la vie. Elle concerne principalement le super sans plomb, le gasoil, le pétrole lampant et le mélange deux temps, des produits largement utilisés par les ménages comme par les acteurs économiques.
Depuis la dernière révision des prix à la pompe, intervenue en décembre 2024, le gasoil est commercialisé à 695 FCFA le litre, le super sans plomb à 680 FCFA, le mélange deux temps à 769 FCFA et le pétrole lampant à 650 FCFA. Ces tarifs, administrés par l’État, demeurent inférieurs aux niveaux théoriques du marché international grâce au mécanisme de subvention. La réduction annoncée pour 2026 traduit néanmoins la volonté des autorités de limiter le poids budgétaire de ces soutiens généralisés, dans un contexte de marges financières contraintes.
Par ailleurs, une enveloppe de 8,7 milliards de FCFA est prévue pour soutenir le prix du gaz domestique, contre 9,6 milliards de FCFA en 2025. Le kilogramme de gaz butane est actuellement vendu à 790 FCFA, alors que son prix économique est estimé à 892 FCFA, l’État prenant en charge un différentiel de 102 FCFA par kilogramme. Ce soutien, au-delà de son impact social, s’inscrit également dans une logique environnementale visant à réduire la pression sur les ressources forestières.
Cette orientation budgétaire intervient dans un contexte où le Fonds monétaire international (FMI) et d’autres bailleurs de fonds plaident pour une réforme des subventions énergétiques. Ils préconisent des mécanismes plus ciblés, tels que les transferts monétaires directs aux populations vulnérables, jugés plus efficaces et plus soutenables à moyen terme. La trajectoire retenue par les autorités togolaises pour 2026 semble ainsi refléter une approche progressive, cherchant à concilier discipline budgétaire et préservation de la stabilité sociale.