Régulation énergétique au Sénégal : la CRSE lance l’opération transparence

La station balnéaire de Saly Portudal (Mbour) a accueilli, les 28 et 29 novembre 2025, un atelier destiné à renforcer la compréhension des mécanismes de régulation. Organisée par la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE), cette rencontre de formation et de sensibilisation vise améliorer l’information des citoyens et des investisseurs sur les enjeux d’un secteur en pleine mutation, pilier de la vision « Sénégal 2050 ».
Par Bacary DABO
Loin d’une simple opération de communication, l’événement traduit une volonté affirmée du régulateur de rendre son action plus lisible et de positionner les médias comme relais essentiels pour expliquer les défis et les réformes du secteur énergétique national.
Une démarche qui s’impose dans un secteur stratégique où la régulation conditionne la performance globale. Comme l’a rappelé le Président de la CRSE dans son discours d’ouverture, l’énergie n’est pas une commodité comme les autres. Elle est « l’un des catalyseurs de la stratégie de concrétisation de la Vision Sénégal 2050 ». De sa disponibilité et de son coût dépendent la compétitivité des entreprises, la viabilité de l’économie et, in fine, l’amélioration des conditions de vie des populations.
Dans ce contexte, la régulation n’est pas une contrainte administrative, mais un levier indispensable pour garantir un secteur « transparent, efficace, durable et financièrement viable », a souligné M. Ibrahima Niane. La mission principale du régulateur, a-t-il insisté, consiste à garantir l’équilibre économique et financier du secteur tout en préservant les droits et intérêts des consommateurs.
La CRSE, nouveau gendarme de l’énergie
Opérationnelle depuis deux ans, la « CRSE new-look » est une institution jeune dotée d’un mandat élargi. Créée par la loi du 9 juillet 2021, elle succède à l’ancienne Commission de régulation du secteur de l’électricité et au Comité national des hydrocarbures (CNH).
Avec cette restructuration institutionnelle, sa mission couvre désormais un champ bien plus vaste : la régulation des activités du secteur de l’électricité, du secteur aval des hydrocarbures ainsi que des segments intermédiaire et aval du secteur gazier.
Cette consolidation des compétences vise une supervision cohérente et harmonisée d’un écosystème énergétique en pleine transformation, notamment avec l’entrée dans l’ère gazière et pétrolière.
Aar, Sàmm, Dooleel » : une vision pour 2029
Pour piloter son action, la CRSE s’est dotée d’un plan stratégique de développement pour 2025-2029. Articulé autour d’un slogan en wolof à forte portée, « Aar, Sàmm, Dooleel » (Protéger, Préserver, Renforcer), ce plan fait de la communication une priorité.
L’atelier de Saly en est la première mise en œuvre visible. L’idée est simple : aucune régulation, même efficace, ne peut réussir sans être comprise et acceptée. « Protéger » les consommateurs, « Préserver » les équilibres du secteur et « Renforcer » les capacités des acteurs implique un dialogue ouvert et une information de qualité.
Pour mieux outiller les journalistes, la CRSE a ciblé quatre axes clés : les évolutions récentes du cadre législatif et réglementaire, les mécanismes de régulation tarifaire, les mécanismes de régulation technique, ainsi que les droits et obligations des opérateurs et des consommateurs. À cela s’ajoute la présentation de la nouvelle vision stratégique de la CRSE pour 2025-2029.
Vers un partenariat de confiance entre médias et régulateur
Le message central adressé aux journalistes est un appel à un « partenariat renouvelé et renforcé ». Un accord de partenariat a été signé à cet effet. Le régulateur s’engage à fournir des données fiables et à favoriser un dialogue constructif. En échange, il compte sur les professionnels des médias pour relayer l’information et produire des « analyses éclairées basées sur des faits exacts et des opinions libres ».
L’enjeu majeur est d’éclairer le débat public et accompagner les réformes indispensables à la stabilité et à la croissance du secteur. Cette démarche proactive commence déjà à porter ses fruits. Le Président de la Commission a rappelé que la CRSE a été classée « meilleur régulateur africain dans le secteur de l’électricité en 2024 », une distinction qui, selon lui, doit beaucoup à l’appui de partenaires tels que le MCA-Sénégal II.
Forte de cette reconnaissance et dotée d’une stratégie de communication renouvelée, la CRSE entend faire de la transparence son atout principal pour relever les défis énergétiques du Sénégal de demain.
Une approche qui rejoint les ambitions du Cojes dont l’objectif, selon son coordonnateur, Dialigué Faye, est de mieux comprendre les mécanismes de régulation du secteur, décrypter les enjeux économiques, identifier les sources fiables, poser les bonnes questions et éviter les zones d’ombre. Car, précise-t-il, une couverture médiatique solide, précise et indépendante est indispensable pour accompagner les transformations en cours.