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Axe Dakar-Bamako : Le Pacte de Dakar pour sécuriser l’avenir économique

Axe Dakar-Bamako : Le Pacte de Dakar pour sécuriser l'avenir économique

Face à la dégradation sécuritaire menaçant une artère vitale pour l’Afrique de l’Ouest, les Chambres de Commerce du Sénégal et du Mali ont scellé une alliance stratégique. La « Déclaration de Dakar », signée le 21 novembre dans la capitale sénégalaise, établit un plan d’action concret pour protéger les flux commerciaux, sécuriser les opérateurs et renforcer une intégration sous-régionale mise à l’épreuve.

Par Bacary DABO

C’est bien cette urgence qu’illustre le pacte stratégique conclu entre les Chambres de commerce sénégalaise et malienne, qui rappellent que le corridor Dakar-Bamako n’est pas une simple route, mais la colonne vertébrale économique assurant l’approvisionnement du Mali et constituant un axe stratégique pour le port de Dakar.

Le corridor est aujourd’hui sous haute tension. La multiplication des attaques dans la région sahélienne fragilise la fluidité des échanges et met en péril la vie des transporteurs et des opérateurs économiques. C’est dans ce contexte critique qu’une délégation malienne de haut niveau, menée par le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali et accompagnée du ministre des Transports, a été reçue à Dakar.

La séance de travail avec la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (Cciad), tenue le vendredi 21 novembre en présence du directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian, a abouti à une prise de conscience partagée : l’inaction n’est plus une option. Les deux parties soulignent que la situation actuelle n’affecte pas seulement la sécurité des personnes : elle érode également la compétitivité de l’ensemble de la chaîne logistique sous-régionale, générant surcoûts et retards, au détriment d’économies déjà sous pression.

« Le destin économique du Sénégal et du Mali est profondément lié, et que nos deux pays continueront, ensemble, d’être un exemple de coopération et d’intégration africaine », déclare Abdoulaye Sow, Président de la Cciad.

Dans cette dynamique, M. Bodian, patron du Port autonome de Dakar, a annoncé plusieurs mesures de facilitation pour l’évacuation des conteneurs maliens bloqués au port.

Les cinq piliers d’un partenariat renforcé

La « Déclaration de Dakar », portée par le Président de la Cciad, Abdoulaye Sow, ne se limite pas à une déclaration d’intention. Elle articule une feuille de route pragmatique en cinq axes clés à savoir la mise en place d’un mécanisme de concertation permanente, la sécurisation des corridors, la modernisation des procédures, un soutien direct aux opérateurs et la création d’un Comité technique mixte.

Ce dernier organe opérationnel sera chargé de suivre les flux commerciaux, d’identifier les obstacles et de proposer des solutions rapides, agissant comme une véritable tour de contrôle économique du corridor.

Transformer la crise en opportunité

Au-delà de l’urgence sécuritaire, les deux parties souhaitent renforcer la compétitivité globale du corridor. L’ambition de la Déclaration de Dakar est de transformer une crise en levier pour repenser en profondeur la performance logistique et commerciale de l’axe Dakar-Bamako.

Les discussions ont porté sur plusieurs thématiques cruciales : la prise en charge des surcoûts logistiques liés à l’insécurité, le partage d’informations économiques stratégiques pour anticiper flux et besoins, ainsi que l’instauration de facilitations douanières et portuaires pour fluidifier le passage des marchandises.

S’y ajoute l’identification de filières prioritaires à soutenir afin d’optimiser les flux d’approvisionnement. Cette approche globale vise à assurer non seulement la survie, mais aussi la prospérité à long terme de l’axe Dakar-Bamako.

Un signal fort pour l’intégration régionale

Au-delà des aspects techniques, cette déclaration est perçue comme un acte politique et économique majeur. Selon les acteurs, elle réaffirme la solidarité du secteur privé sénégalais envers son homologue malien et son soutien au peuple malien dans sa quête de paix et de stabilité.

En prenant les devants, les Chambres de Commerce des deux pays démontrent la maturité et la proactivité du secteur privé africain, capable de s’organiser pour proposer des solutions concrètes aux gouvernements.

En s’engageant à travailler main dans la main avec les autorités, la Cciad et ses partenaires maliens ne visent pas seulement à préserver une route commerciale. Ils entendent consolider un destin commun, démontrant que face à l’adversité, la coopération et l’intégration économique demeurent les remparts les plus solides pour une prospérité partagée dans la sous-région.