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La BCEAO maintient son taux directeur à 3,50 %

✍️Par Boubacar GASSAMA

La BCEAO maintient son taux directeur à 3,50 %

Le Comité de Politique Monétaire (Cpm) de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a décidé de maintenir le principal taux directeur auquel la Banque Centrale prête ses ressources aux banques à 3,50%.

La BCEAO a décidé de maintenir son principal taux directeur à 3,50 %, confirmant sa politique de stabilité monétaire au sein de l’UEMOA. Cette décision, prise lors de la réunion du CPM le 5 mars 2025, s’appuie sur une croissance soutenue et une inflation en recul. L’institution a également décidé de maintenir le taux d’intérêt sur le guichet de prêt marginal à 5,50%, niveaux en vigueur depuis le 16 décembre 2023.

Face à la presse, le gouverneur de la BCEAO, le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou fait savoir qu’au niveau, il a été constaté que la croissance, d’après le FMI, tourne autour de 3%. Sur la période 2024-2025, elle devrait se situer à 3,2%.

Au plan international, il est également noté que les prix des produits exportés par les pays de la sous-région (cacao, du coton, de l’or), ont augmenté de manière importante. Un autre constat : malgré la production du pétrole dans plusieurs pays de l’Union, la sous-région continue d’en importer.

Par ailleurs, le Comité relève avec satisfaction que l’activité économique de l’Union demeure dynamique, avec une progression du produit intérieur brut (Pib) de 7,0% au quatrième trimestre 2024 après 5,8% le trimestre précédent. Pour l’année 2024, la hausse du PIB réel de l’Union est estimée à 6,2% après 5,3% en 2023 et devrait ressortir à 6,3% en 2025. Une croissance qui, selon le CPM, est portée par l’ensemble des secteurs, notamment les secteurs extractif, manufacturier et agricole.

Cette bonne santé économique de l’Union a été également favorisée par un financement approprié de l’activité économique. Les crédits bancaires au secteur privé se sont accrus de 6,3%, en glissement annuel à fin décembre 2024 contre une hausse de 5,8% à fin septembre 2024. Cette tendance devrait se poursuivre en 2025, avec une augmentation prévue de 8,6%.

Une inflation en recul

Le CPM informe, par ailleurs, qu’au quatrième trimestre 2024, le taux d’inflation dans la sous-région s’est établi à 2,9%, après 4,1% le trimestre précédent. D’après cette instance présidée par M. Kassi Brou, la détente des prix a été favorisée par la baisse des cours des produits alimentaires et énergétiques importés. Et d’ajouter que les meilleures récoltes de la campagne vivrière 2024/2025 ont également contribué à réduire les pressions sur les prix.

Selon les prévisions, l’inflation devrait se situer à 2,7% en 2025 après 3,5% en 2024, lit-on dans son communiqué. Cependant, a-t-il averti, les risques d’une résurgence des pressions sur les prix restent élevés, en raison notamment de la persistance des problèmes sécuritaires dans la sous-région, de l’effet du changement climatique qui pourrait réduire la production vivrière ainsi que de l’impact des tensions géopolitiques et commerciales sur les prix mondiaux des produits énergétiques et alimentaires.